Le KGB (КГБ), sigle du russe Komitet Gossoudarstvennoï Bezopasnosti (russe : Комитет государственной безопасности en alphabet cyrillique), soit leComité pour la Sécurité de l’État, était le nom du principal service de renseignement de l’Union soviétique. À l’intérieur de cet État, il avait également fonction de police politique.
Du 13 mars 1954 au 6 novembre 1991, le KGB fut l’organisation chargée de la sécurité de l’Union soviétique, de la police secrète, et des services de renseignement. Le terme KGB est aussi utilisé pour se référer de manière générale à l’organisation chargée de la sécurité de l’Union Soviétique depuis sa fondation sous le nom de Tchéka, en 1917, par Félix Dzerjinski.
Apparemment, le domaine d’action du KGB recoupait plus ou moins les mêmes fonctions et pouvoirs que ceux exercés aux États-Unis par la Central Intelligence Agency (CIA), la division de contre-espionnage du Federal Bureau of Investigation (FBI), du Federal Protective Service et du Secret Service. Mais il n’y avait aucun contrôle de ses activités, ni des limites de ses moyens. En fait, le KGB, en tant que police politique secrète était soumis au Politburo, et plus précisément, au secrétaire général du parti communiste de l’URSS.
L’ancêtre du KGB, la Tchéka, fut créée le 20 décembre 1917, par Félix Dzerjinski et désignée par Lénine comme « une arme dévastatrice contre les innombrables conspirations et les innombrables atteintes contre le pouvoir soviétique, par des personnes infiniment plus fortes que nous »1. Elle fut créée en remplacement de l’Okhrana tsariste. La Tchéka emprunta différents noms et subit de multiples changements organisationnels durant son existence, devenant le Direction de la Politique d’État (OGPU ou Guépéou), en 1923, le Commissariat du Peuple à l’Intérieur (NKGB ou NKVD) en 1941, et le Ministère de l’Intérieur (MGB) en 1946, entre autres. En mars 1953, Lavrenti Beria refond le Ministère des Affaires Intérieures (MVD) et le MGB en un seul et même organisme - le MVD. Dans la même année, Beria fut exécuté et le MVD dissout. Le nouveau MVD conservait ses pouvoirs de police et de respect des lois, alors que le KGB, nouvellement créé assumait les fonctions de sécurité intérieure et extérieure, restant sous les ordres du Conseil de ministres. Le 5 juillet 1978 le KGB fut rebaptisé “KGB d’Union soviétique”, dont le directeur obtint une place au Politburo.
Depuis sa création, le KGB fut pensé comme « l’épée et le bouclier » de la Révolution bolchévique et du parti communiste de l’Union soviétique. Le KGB obtint un nombre remarquable de succès dans les premières années de son existence. La faiblesse des services de sécurité américains et britanniques d’alors, constitua pour le KGB une opportunité unique pour pénétrer dans ces services de renseignement étrangers avec ses propres agents comme les Cinq de Cambridge. Le succès le plus important des services secrets soviétiques fut incontestablement l’obtention d’informations détaillées concernant le bâtiment où avait été construite la bombe atomique (Projet Manhattan), possible grâce aux agents infiltrés du KGB tels que Klaus Fuchs et Theodore Hall.
Pendant la Guerre froide, le KGB servit à contrôler, intimider voire tuer des dissidents politiques (accusés de « subversion idéologique ») tels Alexandre Soljenitsyne ou Andreï Sakharov. Il obtint également des succès remarquables dans l’espionnage, comme la récolte continue de technologie occidentale par des agents tels que Melita Norwood et l’infiltration du gouvernement d’Allemagne de l’Ouest sous Willy Brandt par l’intermédiaire de la Stasi. Cependant, la révélation d’opérations du KGB en cours par des défections haut-placées en son sein comme celles d’Elizabeth Bentleyaux États-Unis et d’Oleg Gordievsky en Grande-Bretagne d’une part, et d’autre part l’essoufflement des vocations idéologiques après la répression de l’insurrection de Budapest en 1956 et lePrintemps de Prague en 1968, dont le résultat fut un déclin important des capacités opérationnelles du KGB, constitua un double revers. Néanmoins, le KGB fut renseigné par des membres des services secrets de l’Ouest comme les taupes Aldrich Ames (ancien de la CIA) ou Robert Hanssen (ancien du FBI), l’aidant à contrebalancer la perte de ses agents talentueux.
Les services secrets soviétiques sont responsables, au cours de leur existence dans l’Union soviétique, de la mort de plusieurs milliers de personnes.
Le KGB fut compromis quand son Président, le Général d’armée Vladimir Kriouchkov, utilisa les ressources internes du KGB pour aider la tentative de putsch de Moscou d’août 1991, pour renverserMikhaïl Gorbatchev. Le 22 août 1991, Kriouchkov fut arrêté, et le général Vadim Bakatine nommé à la tête du KGB avec pour mission de le dissoudre. Le KGB cessa officiellement d’exister le 4 décembre 1991. Ses services furent divisés en plusieurs branches distinctes : la Sécurité intérieure (Service de sécurité intérieure de l’URSS - futur FSB), le Service central de renseignement de l’URSS - futur SVR et le Service des gardes-frontières. D’autres services autonomes ont vu le jour en 1992, tel le Service de création de codes et de décryptage (FAPSI), tandis que les unités d’élites étaient confiées au ministère de l’Intérieur et le FSB se voyait retirer ses pouvoirs d’instruction. En 1995, le FSB a retrouvé ses pouvoirs d’instruction et ses unités d’élite. En 2002, les gardes-frontières et le FAPSI sont revenus dans le giron du FSB.
Nombre d’anciens officiers se sont reconvertis dans la nouvelle économie de marché russe légale et illégale ou dans la politique comme l’ancien président russe Vladimir Poutine.
En Biélorussie, le service secret a conservé ce nom.




