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Histoire des détectives privés en France (Livre)

 

Quand la profession de détective est-elle née en notre pays ?

De quoi se constituait l’ordinaire des cabinets de “police privĂ©e” ou de “renseignements confidentiels” ? Pourquoi surtout l’activitĂ© fut-elle si vite investie d’une rĂ©putation exĂ©crable, que dĂ©crivaient les agences comme de vĂ©ritables “usines Ă  chantage” et les enquĂȘteurs comme de vulgaires tĂącherons du renseignement, tout juste bons aux basses manoeuvres de la “brigade des cocus” ?

Histoire des détectives privés en France
(1832-1942)
Dominique Kalifa

Un livre : http://www.nouveau-monde.net/livre/?GCOI=84736100450980

En retraçant la genĂšse de cette activitĂ© Ă©quivoque, depuis ses premiers pas lors de la monarchie de Juillet jusqu’Ă  sa reconnaissance officielle par une loi de 1942, ce livre constitue la premiĂšre Ă©tude historique jamais consacrĂ©e Ă  ces figures de l’ombre. Il montre comment la profession, Ă  compter des initiatives de Vidocq, directeur en 1832 d’un Bureau universel de renseignements, s’Ă©mancipa progressivement des traditionnelles agences d’”affaires” ou de “contentieux” pour afficher une vocation “policiĂšre”.

Comment, portĂ©e par le prestige croissant des modĂšles anglo-saxons (Sherlock Holmes, Allan Pinkerton) et la passion de l’enquĂȘte qui s’empara du pays au tournant du siĂšcle, elle connut alors une vive croissance et quelques rĂ©ussites exemplaires, aux sources d’une active industrie de la surveillance et de la sĂ©curitĂ©. Pourtant, jamais le mĂ©tier ne parvint Ă  s’imposer, ou Ă  convaincre de son honorabilitĂ©. Si nombre d’obstacles interdirent au dĂ©tective de devenir, en France, un acteur lĂ©gitime du contrĂŽle ou de la rĂ©gulation sociale, ils n’empĂȘchĂšrent cependant pas sa silhouette de s’imposer progressivement comme une figure familiĂšre de notre sociĂ©tĂ©.

Éditeur Nouveau Monde Ă©ditions
ISBN-10 2847361774
ISBN-13 978-2-84736- 177-3
Année de publication mai 2007
Prix recommandĂ© 12,00 €

Relations entre la profession détective et les avocats

 

Les relations entre les dĂ©tectives et les avocats, comme d’une façon gĂ©nĂ©rale avec les auxiliaires de justice, sont excellentes car l’enquĂȘteur, depuis toujours, est leur auxiliaire direct.

Bien sĂ»r il peut y avoir quelques “exceptions” qui, par mĂ©connaissance de la profession - telle qu’elle est dĂ©sormais rĂ©glementĂ©e et exercĂ©e - peuvent craindre des abus (dont on ne peut nier l’existence passĂ©e) mais le lĂ©gislateur est intervenu pour leur apporter des garanties draconiennes d’honorabilitĂ© et de professionnalisation.

Les dĂ©tectives et enquĂȘteurs privĂ©s sont, aujourd’hui, l’une des professions les plus rĂ©glementĂ©es, les plus contrĂŽlĂ©es, les plus surveillĂ©es.(mĂȘme le code monĂ©taire et financier inclus des dispositions les concernant pour empĂȘcher leur prise de contrĂŽle par des sociĂ©tĂ©s Ă©trangĂšres!).

À la suite de la dĂ©sastreuse affaire d’Outreau (dans laquelle des innocents ont Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©s avant d’ĂȘtre libĂ©rĂ©s et que leur innocence soit Ă©tablie) le Barreau de Paris a souhaitĂ© qu’il soit donnĂ© aux avocats la possibilitĂ© de conduire des enquĂȘtes privĂ©es, preuve de la nĂ©cessitĂ© de pouvoir faire appel Ă  la.

Mais dĂ©jĂ  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du Conseil national des Barreaux avait souhaitĂ©, dans un rapport - dĂšs 1997 - que les avocats puissent faire appel Ă  un “agent privĂ© de recherches”, et mĂȘme que les honoraires puissent ĂȘtre pris en charge par l’aide judiciaire (aide juridictionnelle).

On constate donc que les rapports entre avocats et enquĂȘteurs privĂ©s sont excellents dĂšs lors que la profession est exercĂ©e sĂ©rieusement.

Les rapports entre Police et Détectives privés

 

Une lĂ©gende voudrait qu’il existe une “collusion” entre les services de police et les enquĂȘteurs privĂ©s.

Cet amalgame rĂ©sulte essentiellement du fait que d’anciens fonctionnaires de police et de gendarmerie ouvrent une agence au moment de leur retraite .

D’autre part, avant la rĂ©forme (France) du divorce de 1975 les constats Ă©taient rĂ©alisĂ©s par les services de Police car l’infidĂ©litĂ© Ă©tait, Ă  l’Ă©poque, un dĂ©lit pĂ©nal.

Cela entrainait donc, obligatoirement, des contacts pour la rĂ©alisation du constat d’adultĂšre avec le service de police dĂ©signĂ© par le juge.

Depuis les constats sont dressĂ©s par les Huissiers de Justice et ces contacts n’existent donc plus.

La profession a parfois, aussi dans le passĂ©, Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme une “police parallĂšle“, une “concurrente” des services officiels, mythe qui rĂ©sulte de l’image des dĂ©tectives reflĂ©tĂ©e par les romans noirs, les feuilletons tĂ©lĂ©visĂ©s et le cinĂ©ma policier…

Qu’il s’agisse des romans de “Chandler”, avec ses dĂ©tectives “cow-boy” entourĂ©s de jolies blondes, qui roulent en voiture dĂ©capotable, le “Smith et Wesson” Ă  portĂ©e de main…, en passant par Nestor Burma, Hercule Poirot ou Sherlock Holmes, le dĂ©tective privĂ© “virtuel” s’occupe d’affaires criminelles et parvient toujours Ă  trouver les coupables lorsque la Police est tenue en Ă©chec.

Ce mythe, fortement ancrĂ© dans l’esprit du public (la force de la tĂ©lĂ©vision n’y est sans doute pas Ă©trangĂšre) ne correspond aucunement aux rĂ©alitĂ©s françaises, dans un pays qui s’affiche comme le dĂ©fenseur des libertĂ©s fondamentales.

Qu’en est-il alors des diffĂ©rences entre la police et les dĂ©tectives ? Pour faire simple les premiers interviennent dans le cadre des procĂ©dures pĂ©nales, les second dans celui des procĂ©dures civiles et commerciales, deux domaines qui ne se chevauchent pas et pour lesquels la RĂ©publique Française ne met pas les mĂȘmes moyens Ă  la disposition des justiciables.

Pour rĂ©sumer, la Police Nationale, les Polices Municipales, la Gendarmerie Nationale, les services des douanes traitent les affaires qui constituent des infractions pĂ©nales (ou administratives) sanctionnĂ©es par des peines d’amende et/ou de prison : ces services dĂ©fendent les intĂ©rĂȘts de la SociĂ©tĂ©.

Les dĂ©tectives et enquĂȘteurs privĂ©s, pour leur part, interviennent dans le cadre des affaires privĂ©es, professionnelles, civiles et commerciales, c’est-Ă -dire dans des domaines qui ne relĂšvent pas de la compĂ©tence des services officiels : ils dĂ©fendent des intĂ©rĂȘts particuliers.

En effet - et fort heureusement pour la vie privĂ©e de nos concitoyens - la Police n’a pas qualitĂ© et donc n’a pas le droit d’intervenir dans le cadre de ces affaires civiles et commerciales, ce qui est un bien pour nos libertĂ©s individuelles et permet d’avoir l’assurance que la vie privĂ©e, les problĂšmes de santĂ©, la vie professionnelle, la vie familiale, les finances, les affaires, et la vie intime ne seront pas “fichĂ©s” dans les administrations policiĂšres.

Par ailleurs il n’existe pas de juge d’instruction, en procĂ©dure civile et commerciale, pour mener des enquĂȘtes comme en procĂ©dure pĂ©nale (le juge civil Ă©tant un simple arbitre qui tranche en fonction des Ă©lĂ©ments et des preuves apportĂ©es par les parties).

Le rĂŽle des enquĂȘteurs de droit privĂ© est donc de rechercher, Ă©tablir et fixer les preuves nĂ©cessaires aux juristes et aux plaideurs dans ces domaines, en apportant la garantie du secret professionnel et que le professionnel se consacrera aux recherches destinĂ©es Ă  dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts du requĂ©rant.

Les dĂ©tectives n’interviennent ils jamais dans le domaine pĂ©nal ?

Cela peut arriver, mais dans des circonstances qui font que, lĂ  encore, le rĂŽle des services de police est terminĂ©, ou qu’ils ne sont pas encore saisis.

Ainsi en matiĂšre d’escroquerie aux assurances, l’enquĂȘteur privĂ© sera saisi par une compagnie aux fins de dĂ©terminer - avant le dĂ©pĂŽt d’une plainte - si l’assureur a, ou non, Ă©tĂ© victime de ce dĂ©lit, car tout dĂ©pĂŽt de plainte infondĂ© pourrait entraĂźner sa condamnation pour “dĂ©nonciation calomnieuse”.

Si l’enquĂȘte privĂ©e permet de conclure Ă  une fraude, l’assureur dĂ©posera plainte et, mais alors seulement, les services de Police prendront le relais, l’enquĂȘteur privĂ© s’effaçant.

Dans le cadre de “contre-enquĂȘtes pĂ©nales” l’enquĂȘteur privĂ© agira, aprĂšs une condamnation (ou une fois l’instruction officielle achevĂ©e) pour vĂ©rifier les Ă©lĂ©ments, en chercher de nouveaux qui permettraient d’innocenter un prĂ©venu ou d’obtenir une rĂ©vision du procĂšs.

LĂ  encore, les services de Police n’ont plus Ă  intervenir leur mission Ă©tant achevĂ©e.

Il ne peut donc y avoir la moindre confusion entre services officiels et enquĂȘteurs privĂ©s qui interviennent dans des domaines totalement distincts.

Les arguties consistant Ă  mettre en concurrence la Police et les DĂ©tectives relĂšvent donc d’une totale mĂ©connaissance de la profession, voire dĂ©note une absence totale de formation juridique pour confondre procĂ©dure pĂ©nale avec les procĂ©dures civiles ou commerciales.
Quels sont les rapports actuels entre la Police et les Détectives ?

Il n’existait pas de rapports institutionnels entre les services officiels de Police et de Gendarmerie jusqu’Ă  l’intervention de la loi du 18 mars 2003 qui place les agences de recherches privĂ©es sous la surveillance, pour le compte de l’autoritĂ© administrative, des Commissaires de Police et des Officiers de la Gendarmerie Nationale.

Il eĂ»t certainement Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rable que la profession, une fois rĂ©glementĂ©e, soit placĂ©e sous la tutelle de l’AutoritĂ© Judiciaire (et non du PrĂ©fet) Ă  l’instar des “experts judiciaires” ou “des enquĂȘteurs de personnalitĂ©” puisqu’il s’agit d’une activitĂ© auxiliaire des professions juridiques et non pas d’une activitĂ© auxiliaire de police.

Toutefois les contrĂŽles de l’autoritĂ© administrative n’autorisent aucunement les services de police et de gendarmerie Ă  prendre connaissance des dossiers traitĂ©s ou de l’identitĂ© des clients, ces informations Ă©tant couvertes par le secret professionnel.

En fait les relations entre les services officiels et la profession sont celles de n’importe quel autre citoyen : celles d’un simple “tĂ©moin” sur des affaires que l’enquĂȘteur privĂ© a pu traiter et qui sont reprises dans le cadre d’une procĂ©dure pĂ©nale.

Ainsi, par exemple, en matiĂšre de contrefaçon ou de fraude aux assurances, les “privĂ©s” peuvent communiquer, Ă  la demande d’un client et en qualitĂ© de reprĂ©sentant du plaignant, des informations complĂ©mentaires sur les dossiers traitĂ©s qui ne figurent pas nĂ©cessairement dans les rapports transmis, et ce, afin de faciliter l’enquĂȘte officielle.


 
 


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Arrêté CAB/BPA N°2009.365 du 21 avril 2009 Prefecture de Nanterre (92) depuis 2003
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