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Comment les détectives de DSK vont semer le doute

 

Lundi, DSK a quittĂ© sa rĂ©sidence surveillĂ©e de TriBeCa pour rejoindre la cour suprĂŞme de New York oĂą, lors d’une audience purement formelle, il s’est vu notifier sa mise en accusation et a plaidĂ© non coupable. Cela ne l’engage Ă  rien, il peut revenir sur son choix Ă  tout moment jusqu’Ă  l’ouverture du procès. Le juge Ă©tablira alors un calendrier de procĂ©dure et le procureur commencera Ă  livrer Ă  la dĂ©fense les Ă©lĂ©ments matĂ©riels sur lesquels repose l’accusation, Ă  commencer par la plainte. Chacun des mots et, au-delĂ  des mots, la personnalitĂ© de la victime prĂ©sumĂ©e seront dissĂ©quĂ©s par les limiers de la cĂ©lèbre agence new-yorkaise Guidepost Solutions. Mais les dĂ©tectives engagĂ©s par la dĂ©fense de Strauss-Kahn ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  explorer le passĂ© de la GuinĂ©enne de 32 ans qui accuse l’ex-patron du FMI d’agression sexuelle.

“Dans ce type d’affaire, les seules preuves objectives que l’on a se limitent Ă  la parole de l’un contre la parole de l’autre. Il est donc indispensable de tester la crĂ©dibilitĂ© de la victime prĂ©sumĂ©e pour apprĂ©cier la fiabilitĂ© de son tĂ©moignage”, explique Christophe Ayela, avocat au barreau de Paris. En France comme aux États-Unis, il est de bonne guerre d’engager des enquĂŞteurs privĂ©s dont la mission est de dĂ©molir les dĂ©clarations d’une personne, a fortiori si elle est le seul “tĂ©moin” des faits dĂ©noncĂ©s.

(article le point)

detectives-de-dsk

Les enquĂŞteurs de Guidepost Solutions se seraient rendus en GuinĂ©e pour y dĂ©busquer jusqu’aux transgressions les plus anodines de la jeune femme. Autre terrain d’exploration : la chambre oĂą s’est dĂ©roulĂ© le prĂ©tendu crime. Le moindre indice tirĂ© de la configuration des lieux et de la reconstitution des faits sera exploitĂ©. Les enquĂŞteurs chercheront bien sĂ»r aussi Ă  dĂ©busquer toute forme de mensonge ayant permis Ă  la jeune femme de se loger et de travailler au sein d’un Ă©tablissement prestigieux. “Il est peu probable que le Sofitel l’ait embauchĂ©e si elle n’avait pas les papiers nĂ©cessaires”, note l’avocat new-yorkais et ancien substitut du procureur de New York Stephen Dreyfuss.

Les enquĂŞteurs s’informent aussi sur les amis et relations de la jeune femme, ses lieux de sortie, son quotidien et sa vie personnelle : a-t-elle dĂ©jĂ  acceptĂ© des relations sexuelles contre de l’argent ? Connaissait-elle DSK ? Consommait-elle de la drogue ? Avait-elle l’habitude de crier au loup ? etc. Les dĂ©tectives feront Ă©galement rĂ©aliser des analyses visant Ă  contredire celles du laboratoire de mĂ©decine lĂ©gale choisi par le procureur.

Feront-ils placer la jeune femme sur Ă©coute ? “Si un participant Ă  l’entretien tĂ©lĂ©phonique y consent (en l’occurrence, le dĂ©tective privĂ©), il peut enregistrer sa propre conversation avec une autre personne Ă  son insu, souligne Me Dreyfuss. Mais dans l’affaire DSK, il est peu probable que la dĂ©fense rĂ©ussisse Ă  nouer un contact tĂ©lĂ©phonique avec la victime prĂ©sumĂ©e. Si, en revanche, le procureur ou la police veulent procĂ©der Ă  des Ă©coutes (”wiretapping”) afin d’entendre et enregistrer les appels Ă©mis ou reçus par l’un des protagonistes, l’autorisation prĂ©alable d’un juge du siège est nĂ©cessaire.”

Effet de surprise

Ces investigations n’ont qu’un objectif : instiller la confusion dans la tĂŞte des jurĂ©s. Car aux États-Unis, le doute est un prĂ©cieux bouclier pour l’accusĂ©. “Dans le système du doute raisonnable, le raisonnement des jurĂ©s est le suivant : Son passĂ© peut crĂ©er un doute sur sa crĂ©dibilitĂ©. Dans celui de l’intime conviction, c’est l’inverse. On se dit : Je suis persuadĂ© qu’il est coupable mĂŞme s’il y a un doute sur son passĂ©, explique Me Ayela. Il y a plus d’objectivitĂ© et de respect de la prĂ©somption d’innocence dans le système amĂ©ricain.”

Plus l’effet de surprise sera fort, mĂŞme sur un Ă©lĂ©ment de dĂ©tail du tĂ©moignage ou de la vie de la plaignante, plus le doute jettera de l’ombre sur l’accusation. Les avocats n’ont bien sĂ»r aucune obligation de dĂ©voiler leurs informations avant le procès ni de les partager avec le parquet. “Ils n’auraient d’ailleurs aucun intĂ©rĂŞt Ă  le faire, et ce pour Ă©viter que le procureur ne prĂ©pare un tĂ©moin pour contrer ces preuves”, explique Me Dreyfuss”.

Les détectives face aux jurés

Les dĂ©tectives ont cependant les mains liĂ©es par certaines règles de procĂ©dure. “Ils peuvent tĂ©moigner de ce qu’ils ont fait et de ce qu’ils ont trouvĂ©, mais ils ne peuvent pas raconter ce que leur ont dit les personnes interrogĂ©es. En outre, leur rapport ne sera pas recevable s’il ne comporte que des ouĂŻ-dire. Dans ce cas, ils feront en sorte que les personnes interrogĂ©es soient entendues comme tĂ©moins et puissent ainsi livrer leurs informations aux jurĂ©s”, ajoute l’avocat.

Les règles sont diffĂ©rentes en France, oĂą la dĂ©fense peut demander Ă  ce que le dĂ©tective comparaisse comme tĂ©moin. Il peut donc relater librement ce qu’il a vu ou entendu.

REGARDEZ : DSK face au tribunal choisit de plaider non-coupable

Les détectives veulent collaborer avec les juges (Le Figaro)

 

Misant sur la rĂ©forme de l’instruction, ils espèrent ĂŞtre davantage sollicitĂ©s pour les enquĂŞtes.

Ce jour-lĂ , ni filature, ni planque. Une fois n’est pas coutume, le dĂ©tective privĂ© est entrĂ© au service des impĂ´ts par la grande porte, muni d’un laissez-passer magique, une ordonnance du juge. «Tout d’abord, ils n’ont pas voulu me laisser entrer, mais j’ai montrĂ© l’ordonnance, et j’ai eu accès Ă  tous les documents… LĂ  me suis fait plaisir», raconte ce dĂ©tective parisien habituĂ© des dossiers dĂ©licats. Pour la toute première fois, l’homme de l’ombre a Ă©tĂ© sollicitĂ© par la justice, de la façon la plus officielle qui soit, pour enquĂŞter sur un chef d’entreprise qui avait fermĂ© boutique et mis l’ensemble de ses salariĂ©s au chĂ´mage après avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© d’importantes subventions de l’État.Ă€ Bordeaux, Alain Rousseau se spĂ©cialise dans ce genre de missions. «Je suis rĂ©gulièrement mandatĂ© par le prĂ©sident du tribunal de commerce», tĂ©moigne le dĂ©tective. Une de ses spĂ©cialitĂ©s : localiser un dĂ©biteur qui s’est volatilisĂ© ou a organisĂ© son insolvabilitĂ© - «un domaine ou la police n’intervient pas», prĂ©cise-t-il.

Gagner en respectabilité

Pendant longtemps, seules les affaires de divorce ont fait les choux gras des «privĂ©s». Les dossiers ne remontaient guère jusqu’au juge : ils servaient au mieux de base de nĂ©gociation, au pis d’argument d’intimidation entre ex-mari et femme. DĂ©sormais, les dĂ©tectives sortent de l’ombre. Si les affaires familiales constituent toujours un fonds de commerce non nĂ©gligeable, les officines - qui se baptisent elles-mĂŞmes volontiers «agences» - vont dĂ©sormais chasser sur le terrain du pĂ©nal. Ă€ Bordeaux, l’«agence Aquitaine conseil» a rĂ©alisĂ© en juillet dernier un «beau coup». Une enquĂŞte commandĂ©e par les parents d’un jeune homme retrouvĂ© mort Ă  Arcachon a entraĂ®nĂ© la rĂ©ouverture du dossier par le procureur gĂ©nĂ©ral de Bordeaux. «Mon rapport ouvrait de nouvelles pistes», explique Alain Rousseau.

Sur Internet, les «agences» vantent dĂ©sormais leurs enquĂŞtes «utilisables en justice». Depuis son bureau, un professionnel d’Ile-de-France exhibe fièrement un jugement du tribunal de Nanterre du 15 fĂ©vrier 2007 expliquant noir sur blanc que «les griefs sont Ă©tablis par les documents procurĂ©s, et notamment un rapport de dĂ©tective privĂ© (…)». Au cas par cas, le magistrat reste toutefois entièrement maĂ®tre de l’apprĂ©ciation qu’il fait d’une enquĂŞte.

«L’un de mes confrères, spĂ©cialiste des vĂ©hicules de luxe, est souvent appelĂ© par le tribunal dans les cas de vol, parce qu’il est capable de rĂ©agir plus vite que les forces de l’ordre, raconte Alain Letellier, prĂ©sident de la Chambre professionnelle des dĂ©tectives français. Une autre de mes consĹ“urs est intervenue pour la justice dans une affaire de maltraitance d’enfant…»

Car, aujourd’hui, les dĂ©tectives sont bien dĂ©cidĂ©s Ă  s’engouffrer dans la brèche qu’ouvre la suppression du juge d’instruction. «Est-ce que le parquet est capable de rĂ©agir en 48 heures ? Nous oui !» lâche non sans perfidie Alain Letellier. La profession mise donc sur une demande accrue des justiciables. La rĂ©forme de la procĂ©dure pĂ©nale devrait en effet donner plus de poids Ă  la dĂ©fense, et dans ce cadre, les dĂ©tectives, dont les services sont souvent conseillĂ©s par des avocats Ă  leurs clients, espèrent ĂŞtre plus souvent sollicitĂ©s.

Mieux : pour que leurs enquĂŞtes ne soient pas rĂ©servĂ©es aux seuls justiciables aisĂ©s, ils comptent sur l’État. La Chambre professionnelle des dĂ©tectives prĂ©pare en effet discrètement un projet qu’elle compte soumettre au gouvernement Ă  la fin de l’annĂ©e. Son idĂ©e : mettre sur pied un système calquĂ© sur l’aide juridictionnelle qui permet aujourd’hui aux justiciables les plus dĂ©munis d’avoir recours Ă  un avocat…

«Il faudra bien mandater quelqu’un pour les complĂ©ments d’enquĂŞte. Nous voulons devenir les experts de la preuve», martèle Alain Letellier. En rĂ©alitĂ©, les dĂ©tectives cherchent depuis plusieurs annĂ©es Ă  gagner en respectabilitĂ©. La nouvelle procĂ©dure d’agrĂ©ment, votĂ©e en 2003, pour moraliser et professionnaliser leur activitĂ©, leur permet dĂ©sormais de se prĂ©valoir d’une carte tout Ă  fait officielle dĂ©livrĂ©e par la prĂ©fecture. Mais seule la moitiĂ© des agents de recherche privĂ©s est actuellement agréée.

Article le FIGARO

Histoire des détectives privés en France (Livre)

 

Quand la profession de détective est-elle née en notre pays ?

De quoi se constituait l’ordinaire des cabinets de “police privĂ©e” ou de “renseignements confidentiels” ? Pourquoi surtout l’activitĂ© fut-elle si vite investie d’une rĂ©putation exĂ©crable, que dĂ©crivaient les agences comme de vĂ©ritables “usines Ă  chantage” et les enquĂŞteurs comme de vulgaires tâcherons du renseignement, tout juste bons aux basses manoeuvres de la “brigade des cocus” ?

Histoire des détectives privés en France
(1832-1942)
Dominique Kalifa

Un livre : http://www.nouveau-monde.net/livre/?GCOI=84736100450980

En retraçant la genèse de cette activitĂ© Ă©quivoque, depuis ses premiers pas lors de la monarchie de Juillet jusqu’Ă  sa reconnaissance officielle par une loi de 1942, ce livre constitue la première Ă©tude historique jamais consacrĂ©e Ă  ces figures de l’ombre. Il montre comment la profession, Ă  compter des initiatives de Vidocq, directeur en 1832 d’un Bureau universel de renseignements, s’Ă©mancipa progressivement des traditionnelles agences d’”affaires” ou de “contentieux” pour afficher une vocation “policière”.

Comment, portĂ©e par le prestige croissant des modèles anglo-saxons (Sherlock Holmes, Allan Pinkerton) et la passion de l’enquĂŞte qui s’empara du pays au tournant du siècle, elle connut alors une vive croissance et quelques rĂ©ussites exemplaires, aux sources d’une active industrie de la surveillance et de la sĂ©curitĂ©. Pourtant, jamais le mĂ©tier ne parvint Ă  s’imposer, ou Ă  convaincre de son honorabilitĂ©. Si nombre d’obstacles interdirent au dĂ©tective de devenir, en France, un acteur lĂ©gitime du contrĂ´le ou de la rĂ©gulation sociale, ils n’empĂŞchèrent cependant pas sa silhouette de s’imposer progressivement comme une figure familière de notre sociĂ©tĂ©.

Éditeur Nouveau Monde éditions
ISBN-10 2847361774
ISBN-13 978-2-84736- 177-3
Année de publication mai 2007
Prix recommandé 12,00 €

Les rapports entre Police et Détectives privés

 

Une lĂ©gende voudrait qu’il existe une “collusion” entre les services de police et les enquĂŞteurs privĂ©s.

Cet amalgame rĂ©sulte essentiellement du fait que d’anciens fonctionnaires de police et de gendarmerie ouvrent une agence au moment de leur retraite .

D’autre part, avant la rĂ©forme (France) du divorce de 1975 les constats Ă©taient rĂ©alisĂ©s par les services de Police car l’infidĂ©litĂ© Ă©tait, Ă  l’Ă©poque, un dĂ©lit pĂ©nal.

Cela entrainait donc, obligatoirement, des contacts pour la rĂ©alisation du constat d’adultère avec le service de police dĂ©signĂ© par le juge.

Depuis les constats sont dressĂ©s par les Huissiers de Justice et ces contacts n’existent donc plus.

La profession a parfois, aussi dans le passĂ©, Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme une “police parallèle“, une “concurrente” des services officiels, mythe qui rĂ©sulte de l’image des dĂ©tectives reflĂ©tĂ©e par les romans noirs, les feuilletons tĂ©lĂ©visĂ©s et le cinĂ©ma policier…

Qu’il s’agisse des romans de “Chandler”, avec ses dĂ©tectives “cow-boy” entourĂ©s de jolies blondes, qui roulent en voiture dĂ©capotable, le “Smith et Wesson” Ă  portĂ©e de main…, en passant par Nestor Burma, Hercule Poirot ou Sherlock Holmes, le dĂ©tective privĂ© “virtuel” s’occupe d’affaires criminelles et parvient toujours Ă  trouver les coupables lorsque la Police est tenue en Ă©chec.

Ce mythe, fortement ancrĂ© dans l’esprit du public (la force de la tĂ©lĂ©vision n’y est sans doute pas Ă©trangère) ne correspond aucunement aux rĂ©alitĂ©s françaises, dans un pays qui s’affiche comme le dĂ©fenseur des libertĂ©s fondamentales.

Qu’en est-il alors des diffĂ©rences entre la police et les dĂ©tectives ? Pour faire simple les premiers interviennent dans le cadre des procĂ©dures pĂ©nales, les second dans celui des procĂ©dures civiles et commerciales, deux domaines qui ne se chevauchent pas et pour lesquels la RĂ©publique Française ne met pas les mĂŞmes moyens Ă  la disposition des justiciables.

Pour rĂ©sumer, la Police Nationale, les Polices Municipales, la Gendarmerie Nationale, les services des douanes traitent les affaires qui constituent des infractions pĂ©nales (ou administratives) sanctionnĂ©es par des peines d’amende et/ou de prison : ces services dĂ©fendent les intĂ©rĂŞts de la SociĂ©tĂ©.

Les détectives et enquêteurs privés, pour leur part, interviennent dans le cadre des affaires privées, professionnelles, civiles et commerciales, c’est-à-dire dans des domaines qui ne relèvent pas de la compétence des services officiels : ils défendent des intérêts particuliers.

En effet - et fort heureusement pour la vie privĂ©e de nos concitoyens - la Police n’a pas qualitĂ© et donc n’a pas le droit d’intervenir dans le cadre de ces affaires civiles et commerciales, ce qui est un bien pour nos libertĂ©s individuelles et permet d’avoir l’assurance que la vie privĂ©e, les problèmes de santĂ©, la vie professionnelle, la vie familiale, les finances, les affaires, et la vie intime ne seront pas “fichĂ©s” dans les administrations policières.

Par ailleurs il n’existe pas de juge d’instruction, en procĂ©dure civile et commerciale, pour mener des enquĂŞtes comme en procĂ©dure pĂ©nale (le juge civil Ă©tant un simple arbitre qui tranche en fonction des Ă©lĂ©ments et des preuves apportĂ©es par les parties).

Le rôle des enquêteurs de droit privé est donc de rechercher, établir et fixer les preuves nécessaires aux juristes et aux plaideurs dans ces domaines, en apportant la garantie du secret professionnel et que le professionnel se consacrera aux recherches destinées à défendre les intérêts du requérant.

Les dĂ©tectives n’interviennent ils jamais dans le domaine pĂ©nal ?

Cela peut arriver, mais dans des circonstances qui font que, lĂ  encore, le rĂ´le des services de police est terminĂ©, ou qu’ils ne sont pas encore saisis.

Ainsi en matière d’escroquerie aux assurances, l’enquĂŞteur privĂ© sera saisi par une compagnie aux fins de dĂ©terminer - avant le dĂ©pĂ´t d’une plainte - si l’assureur a, ou non, Ă©tĂ© victime de ce dĂ©lit, car tout dĂ©pĂ´t de plainte infondĂ© pourrait entraĂ®ner sa condamnation pour “dĂ©nonciation calomnieuse”.

Si l’enquĂŞte privĂ©e permet de conclure Ă  une fraude, l’assureur dĂ©posera plainte et, mais alors seulement, les services de Police prendront le relais, l’enquĂŞteur privĂ© s’effaçant.

Dans le cadre de “contre-enquĂŞtes pĂ©nales” l’enquĂŞteur privĂ© agira, après une condamnation (ou une fois l’instruction officielle achevĂ©e) pour vĂ©rifier les Ă©lĂ©ments, en chercher de nouveaux qui permettraient d’innocenter un prĂ©venu ou d’obtenir une rĂ©vision du procès.

LĂ  encore, les services de Police n’ont plus Ă  intervenir leur mission Ă©tant achevĂ©e.

Il ne peut donc y avoir la moindre confusion entre services officiels et enquêteurs privés qui interviennent dans des domaines totalement distincts.

Les arguties consistant Ă  mettre en concurrence la Police et les DĂ©tectives relèvent donc d’une totale mĂ©connaissance de la profession, voire dĂ©note une absence totale de formation juridique pour confondre procĂ©dure pĂ©nale avec les procĂ©dures civiles ou commerciales.
Quels sont les rapports actuels entre la Police et les Détectives ?

Il n’existait pas de rapports institutionnels entre les services officiels de Police et de Gendarmerie jusqu’Ă  l’intervention de la loi du 18 mars 2003 qui place les agences de recherches privĂ©es sous la surveillance, pour le compte de l’autoritĂ© administrative, des Commissaires de Police et des Officiers de la Gendarmerie Nationale.

Il eĂ»t certainement Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rable que la profession, une fois rĂ©glementĂ©e, soit placĂ©e sous la tutelle de l’AutoritĂ© Judiciaire (et non du PrĂ©fet) Ă  l’instar des “experts judiciaires” ou “des enquĂŞteurs de personnalitĂ©” puisqu’il s’agit d’une activitĂ© auxiliaire des professions juridiques et non pas d’une activitĂ© auxiliaire de police.

Toutefois les contrĂ´les de l’autoritĂ© administrative n’autorisent aucunement les services de police et de gendarmerie Ă  prendre connaissance des dossiers traitĂ©s ou de l’identitĂ© des clients, ces informations Ă©tant couvertes par le secret professionnel.

En fait les relations entre les services officiels et la profession sont celles de n’importe quel autre citoyen : celles d’un simple “tĂ©moin” sur des affaires que l’enquĂŞteur privĂ© a pu traiter et qui sont reprises dans le cadre d’une procĂ©dure pĂ©nale.

Ainsi, par exemple, en matière de contrefaçon ou de fraude aux assurances, les “privĂ©s” peuvent communiquer, Ă  la demande d’un client et en qualitĂ© de reprĂ©sentant du plaignant, des informations complĂ©mentaires sur les dossiers traitĂ©s qui ne figurent pas nĂ©cessairement dans les rapports transmis, et ce, afin de faciliter l’enquĂŞte officielle.

DĂ©ontologie d’une profession d’investigation

 

En France, il n’existe pas de code de déontologie pour les détectives et enquêteurs privés : chaque agence, chaque association, chaque syndicat, chaque fédération, chaque groupement possède ou édicte sa propre déontologie qui, quel que soit l’organisme dont elle émane – est et demeure un document officieux, sans valeur contraignante, opposable aux seules personnes qui acceptent de s’y soumettre.

Dès 1980 un code de déontologie avait d’ailleurs été créé par un organisme professionnel, et la Commission des Lois du Sénat qui avait, à l’époque, appuyé ce document auprès du Gouvernement, reçut une réponse négative du Ministre de l’Intérieur qui ne souhaitait pas créer un texte réglementaire..

Cependant l’absence de « code de déontologie » d’ordre public pour les détectives privés ne signifie pas qu’il n’existe pas une éthique à respecter. Simplement, elle ne relève pas d’un « code » mais de très nombreuses obligations de droit commun, telles que, par exemple, le respect du secret professionnel, l’établissement de factures, le respect de la vie privée, l’obligation de refuser une mission en vue d’une procédure administrative ou judiciaire à l’étranger, le cryptage des mails comportant des données nominatives, la collecte légale de renseignements, le respect de la législation corporative, etc… etc…

Une Autorité Administrative indépendante, composée de Magistrats et de Parlementaires, est chargée de veiller au respect de l’éthique par les détectives et enquêteurs privés, le secret professionnel ne lui étant pas opposable : la Commission nationale de déontologie de la sécurité.

Cette Autorité Administrative dispose de larges pouvoirs de vérification, y compris dans les locaux professionnels, toute entrave à ses investigations étant passibles de sanctions pénales.

En cas d’infraction elle peut saisir le Procureur de la République et même publier son rapport au Journal Officiel si les suites données à ses recommandations ne lui donnent pas satisfaction.

En outre la législation française, en cas d’infraction, permet au Préfet d’ordonner le retrait d’autorisation de l’agence ou d’agrément de son dirigeant et le Tribunal peut, pour sa part, prononcer une fermeture judiciaire temporaire ou définitive de l’agence ou une interdiction temporaire ou définitive d’exercice de la profession.

On voit donc que le respect de la dĂ©ontologie de droit commun, beaucoup plus large qu’un code d’éthique corporatif qui s’avèrerait nĂ©cessairement succinct, est une obligation pour les agences de recherches privĂ©es comme pour les dĂ©tectives et enquĂŞteurs privĂ©s qui les composent Ă  peine de sanctions administratives et/ou pĂ©nales.
En Belgique, la loi relative Ă  l’exercice de la profession de dĂ©tective, impose un certain nombre d’obligations dĂ©ontologiques, sans qu’il existe un code de dĂ©ontologie spĂ©cifique.

Ainsi son article 3 stipule que pour exercer il ne faut pas avoir commis un “manquement grave Ă  la dĂ©ontologie professionnelle” et son article 7 dĂ©crit certaines obligations dĂ©ontologiques.

D’autres article (8 et 9, 10, 12) prĂ©cisent d’autres obligations comme la signature d’une convention, avec description prĂ©cise de la mission confiĂ©e, la tenue d’une registre de missions, la remise d’un rapport, l’obligation du secret professionnel, l’interdiction pendant 3 ans de travailler contre les intĂ©rĂŞts de son propre client, l’obligation de dĂ©tenir une carte professionnelle, l’interdiction de faire Ă©tat d’une ancien fonction de police dans son activitĂ©.

Par arrĂŞtĂ© royal du 10 juin 1992, les fonctionnaires habilitĂ©s Ă  surveiller l’application de la loi du 19 juillet 1991 (donc de ses obligations dĂ©ontologiques) sont dĂ©signĂ©s par le Ministre Belge de l’IntĂ©rieur parmi les membres de la police communale, de la police judiciaire près les parquets et de la gendarmerie ainsi que des fonctionnaires de la Direction gĂ©nĂ©rale de la Police gĂ©nĂ©rale du Royaume.
Au QuĂ©bec, la loi sur les agences d’investigations ou de SĂ©curité ne prĂ©voit pas de dispositions dĂ©ontologiques, hormis, dans un article 11, une disposition qui permet de règlementer la publicitĂ© par voie de règlement d’application.

Le règlement d’application stipule simplement, dans ses articles 24 Ă  26, qu’il est interdit d’offrir au public un service que l’agence ne peut dispenser, que toute brochure publicitaire doit ĂŞtre remise Ă  la SĂ»retĂ© du QuĂ©bec Ă  titre d’information et qu’il est interdit de laisser croire Ă  des privilège du Ministère de la SĂ©curitĂ© ou de la SĂ»retĂ© du QuĂ©bec.

La loi sur la SĂ©curitĂ© PrivĂ©e, qui doit remplacer l’ancien texte mais n’est entrĂ©e que partiellement en vigueur, ne prĂ©cise pas pas d’obligations dĂ©ontologiques mais a créé un Bureau de la SĂ©curitĂ© PrivĂ©e qui sera chargĂ© de contrĂ´ler les agences d’investigations (et l’ensemble des profesisons de sĂ©curitĂ©).

Ce bureau disposera du pouvoir de crĂ©er des “normes de comportement applicables aux titulaires de permis d’agent dans l’exercice de leurs fonctions“, ce qui semble s’apparenter Ă  une Ă©bauche de dĂ©ontologie, d’autant plus que l’article 108 de la loi lui permet, Ă©galement, de prĂ©voir des conditions supplĂ©mentaires Ă  la lĂ©gislation pour la dĂ©livrance d’un permis.

En fĂ©vrier 2008 seuls quelques articles de la loi sont entrĂ©s en vigueur et les règlements d’application ne sont donc pas encore promulguĂ©s.


 
 


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Arrêté CAB/BPA N°2009.365 du 21 avril 2009 Prefecture de Nanterre (92) depuis 2003
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