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Wikileaks : entre guerre des hackers, censure et espionnage

 

Cet article a été vue sur le site 20minutes.fr

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2600 vs. Anonymous

S’il y a bien des gars qui s’y connaissent en piratage, c’est l’équipe de 2600: The Hacker Quarterly. Et pas seulement parce qu’il y a hacker dans leur nom. 2600 est en quelque sorte le Conseil des Jedi du piratage, un groupe des sages. C’est l’antithĂšse absolue des script kiddies dĂ©crits comme des hackers de nos jours. Ils hackent par principe. Et ils hackent bien. Hackement bien, mĂȘme. Ils hackent depuis longtemps et connaissent toutes les frĂ©quences et toutes les ficelles. Donc lorsqu’ils critiquent les attaques d’Anonymous, cela fait du bruit.

2600 a publié une dĂ©claration condamnant les attaques DDoS, expliquant que ces attaques par dĂ©ni de service distribuĂ© desservaient plus Wikileaks qu’autre chose: “cela apportera de l’eau au moulin de ceux qui veulent tous nous cataloguer comme des menaces pour museler la libertĂ© d’expression et imposer toutes sortes de restrictions sur l’Internet.” Ils ont sacrĂ©ment raison: le grand public n’a aucune idĂ©e de ce que peut bien ĂȘtre une fichue attaque par dĂ©ni de service distribuĂ©. Des quoi? Des nids de service? Ah bon? Et ça sert Ă  quoi? Pourquoi ils distribuent des nids?

Et 2600 d’enfoncer le clou en ajoutant: “cela n’aide certainement pas Wikileaks d’ĂȘtre associĂ© avec des activitĂ©s aussi puĂ©riles et grossiĂšres, pas plus que cela n’aide la communautĂ© des hackers“. Autrement dit: les gamins, arrĂȘtez de faire les gamins.

Un employé du Homeland Security explique le gouvernement américain se tire une balle dans le pied avec la censure

Un employĂ© anonyme (non, rien Ă  voir avec le groupe d’anonymes citĂ© prĂ©cĂ©demment) du Department of Homeland Security considĂšre que son employeur ne devrait pas censurer les accĂšs des fonctionnaires amĂ©ricains aux documents de Wikileaks: “ma grand-mĂšre pourrait avoir accĂšs aux cĂąbles, mais pas moi. C’est absurde.”

Sa critique est fondĂ©e et pertinente : il explique que ne pas connaitre le contenu de documents Wikileaks dont ont pu prendre connaissance les gouvernements de pays Ă©trangers nuit directement Ă  l’intĂ©rĂȘt amĂ©ricain. Les Ă©missaires des autres pays seront en possession d’informations Ă©manant du gouvernement amĂ©ricain que les employĂ©s amĂ©ricains ne connaitront pas.

Maintenir les fonctionnaires amĂ©ricains dans l’ignorance des contenus publiĂ©s par Wikileaks est au mieux un dĂ©sĂ©quilibre dans l’accĂšs Ă  l’information, au pire un vĂ©ritable handicap, notamment dans les nĂ©gociations diplomatiques qui sont de vĂ©ritables parties marathon de poker menteur.

L’avocat de Julian Assange affirme que les Etats-Unis veulent poursuivre son client pour espionnage

La situation dĂ©jĂ  peu enviable de Julian Assange pourrait bien encore empirer. Que pourrait-il lui arriver de pire que d’ĂȘtre inquiĂ©tĂ© dans des affaires d’agressions sexuelles prĂ©sumĂ©es en SuĂšde? Oh, des poursuites amĂ©ricaines pour espionnagepar exemple.

L’avocat de Julian Assange a indiquĂ© que les mises en accusation seraient imminentes au titre de l’Espionage Act amĂ©rician. Mauvaise nouvelle. Reste Ă  savoir si cette accusation s’accompagnerait d’une procĂ©dure d’extradition.

Gizmodo.fr en partenariat avec 20minutes.fr

Le communiquĂ© de l’hĂ©bergeur OVH de Wikileaks

 

Comme vous savez certainement, le site wikileaks est hĂ©bergĂ© sur nos infrastructures depuis hier trĂšs tĂŽt le matin. Il s’agit d’un client qui a commandĂ© un serveur dĂ©diĂ©, avec les blocs RIPE et de protections contre les attaques. Sa facture payĂ©e par CB s’Ă©lĂšve Ă  moins de 150euro. Et donc il hĂ©berge le site wikileaks.

wikileaks

Juridiquement parlant Ovh n’est pas l’hĂ©bergeur de ce site. Ovh est, juste, le prestataire technique de la solution technique que le client a commandĂ©.
Bref, l’histoire est banale et quotidienne. Le systĂšme est totalement automatique et fonctionne 24 heures sur 24. Nous avons dĂ©couvert comme vous tous que ce site est chez nous hier … dans la presse.

Ovh n’est ni pour ni contre ce site. La question hors sujet pour nous. Ovh est une entreprise qui fournit les infrastructures, le fameux cloud computing disponible en quelques heures …, et notre rĂŽle est d’assurer cette prestation technique. C’est tout. On n’a pas demandĂ© d’hĂ©berger ce site ou ne pas l’hĂ©berger. Maintenant qu’il est chez nous on assure le contrat. C’est notre boulot. Il est fonctionnel.

Compte tenu de derniĂšres dĂ©clarations politiques, et de pressions qui commencent rĂ©ellement Ă  se sentir, mĂȘme ici Ă  Roubaix Valley, nous avons dĂ©cidĂ© de saisir le juge en rĂ©fĂ©rĂ© afin qu’il se prononce sur la lĂ©galitĂ© ou pas de ce site sur le territoire français. Ce n’est pas au monde politique ni Ă  Ovh de demander ou de dĂ©cider la fermeture ou pas d’un site mais Ă  la justice. C’est comme que ça doit marcher dans un pays de droit.
Nous espérons que le juge donnera sa décision avant ce soir ou demain. Et Ovh appliquera la décision immédiatement.

WIKILEAKS : LEÇONS SUR LES TECHNOLOGIES ET LA TRANSPARENCE

 

La publication par Wikileaks de plus de 250000 dĂ©pĂȘches diplomatiques des ambassades amĂ©ricaines est LE sujet qui monopolise l’attention des mĂ©dias et des gouvernements. Renata Avila examine les outils, les stratĂ©gies et les pratiques de diffusion via les technologies numĂ©riques mises en Ɠuvre par Wikileaks.

par Renata Avila · Traduit par Esther · Voir le billet original [en]
Source : http://www.leuromag.com

wikileaks

Le “Cablegate” (rĂ©vĂ©lations de Wikileaks) est partout. On peut trouver des articles Ă  ce sujet dans pratiquement n’importe quel site d’informations en ligne ou journal dans le monde, le voir Ă  travers les liens partagĂ©s sur les sites de mĂ©dias sociaux, suivre le hashtag (mot clĂ©) #cablegate sur Twitter, parcourir des dizaines de blogs, en entendre parler Ă  la radio. La publication par Wikileaks de plus de 250 000 tĂ©lĂ©grammes d’ambassades des États-Unis est actuellement l’un des sujets les plus chauds dans les mĂ©dias et au seins des gouvernements : la technologie a rĂ©duit l’Ă©cart entre les citoyens et les informations gouvernementales complexes, et les internautes discutent activement Ă  travers le monde entier de cette affaire.
Comme Geert Lovink et Patrice Riemens le soulignent dans leur article “«Dix thĂšses sur Wikileaks» [en anglais], la publication par l’organisation d’informations gouvernementales sensibles a utilisĂ© la technologie pour capter l’attention de millions de personnes :
Wikileaks manages to capture that attention by way of specLa publication par Wikileaks de plus de 250000 dĂ©pĂȘches diplomatiques des ambassades amĂ©ricaines est LE sujet qui monopolise l’attention des mĂ©dias et des gouvernements. Renata Avila examine les outils, les stratĂ©gies et les pratiques de diffusion via les technologies numĂ©riques mises en Ɠuvre par Wikileaks.

tacular information hacks where other parties, especially civil society groups and human rights organizations, are desperately struggling to get their message across. Wikileaks genially puts to use the ‘escape velocity’ of IT — using IT to leave IT behind and irrupt into the realm of real-world politics.

Wikileaks rĂ©ussit Ă  capter cette attention au moyen de spectaculaires piratages d’informations lĂ  oĂč les autres parties, en particulier des groupes de la sociĂ©tĂ© civile et des organisations des droits de l’Homme, se battent dĂ©sespĂ©rĂ©ment pour faire passer leur message. Wikileaks utilise avec gĂ©nie la «vitesse d’Ă©vasion» des technologies de l’information (TI), utilisant ces technologies pour les laisser Ă  la traĂźne et faire irruption dans le domaine de la politique du monde rĂ©el.

Mais quels outils utilisent-ils pour capter et conserver l’attention du public et des mĂ©dias et finalement dissiper l’opacitĂ© gouvernementale qu’il combattent ? Plus important encore, comment les citoyens peuvent-ils collaborer Ă  cet appel innovant, en temps rĂ©el et concentrĂ© sur la diplomatie Ă  rendre des comptes ?

Les médias traditionnels partenaires
Wikileaks a fourni Ă  cinq grands mĂ©dias — The Guardian [anglais], Le Monde [français], El PaĂ­s [espagnol], Der Spiegel [allemand], et le New York Times [anglais] — un accĂšs en avant premiĂšre aux dĂ©pĂȘches diplomatiques amĂ©ricaines. En combinant une mise en ligne avec la publication par les mĂ©dias traditionnels, Wikileaks - et d’autres organisations travaillant pour la transparence en ligne - sont en mesure d’atteindre un public plus large et de diffuser des informations dans diffĂ©rents formats et les moyens de communication. Les mises Ă  jour constantes de Wikileaks sur Twitter ont mĂȘme Ă©tĂ© abordĂ©es au cours d’une confĂ©rence de presse du DĂ©partement d’Etat des Etats-Unis et plusieurs organisations internationales de mĂ©dias qui leur ont fait rĂ©fĂ©rence.

Les outils de visualisation
La majoritĂ© des mĂ©dias partenaires de Wikileaks et le site Cablegate utilisent des graphiques faciles Ă  comprendre pour communiquer les donnĂ©es d’une maniĂšre plus complĂšte. Information Aesthetics a un tour d’horizon des techniques de visualisation diffĂ©rentes. Fast Company a adoptĂ© une approche lĂ©gĂšrement diffĂ©rente, construisant un «Wordle»[outil de visualisations des thĂšmes principaux] Ă  partir des dĂ©pĂȘches.

Cablegate Wordle, via Fast Company
Crowdsourcing [information collaborative]

Cablegate propose Ă  n’importe quel utilisateur, n’importe oĂč dans le monde, le moyen de naviguer facilement et de localiser n’importe quel tĂ©lĂ©gramme possĂ©dant un intĂ©rĂȘt pour eux et de tirer leurs propres conclusions. Wikileaks invite les utilisateurs Ă  rechercher des Ă©vĂ©nements s’Ă©tant produits dans leur propre pays. Ils peuvent, par exemple, vĂ©rifier les dates clĂ©s d’Ă©vĂ©nements pertinents pour voir s’ils peuvent trouver des tĂ©lĂ©grammes y faisant rĂ©fĂ©rence, puis partager leurs analyses et leurs rĂ©sultats en utilisant les outils du Web 2.0. Il s’agit essentiellement d’une responsabilitĂ© portĂ©e par les masses, «crowdsourcĂ©e» (assemblĂ©e Ă  partir de multiples sources), par n’importe qui, n’importe oĂč dans le monde. D’autres organisations en profitent, encourageant les citoyens du Net Ă  «mettre les mains dans le cambouis» et fouiller dans les tĂ©lĂ©grammes Ă  la recherche d’information pertinente : le blog «Non Ă©dité» du National Security Archive a publiĂ© [en anglais] un guide sur la façon de lire les documents du DĂ©partement d’État et une liste des acronymes couramment utilisĂ©s dans les tĂ©lĂ©grammes.

Wikileaks encourage les internautes Ă  partager leurs trouvailles :
Pick out interesting events and tell others about them. Use twitter, reddit, mail whatever suits your audience best. For twitter or other social networking services please use the #cablegate or unique reference ID (e.g. #66BUENOSAIRES2481) as hash tags.

Choisissez des Ă©vĂ©nements intĂ©ressants et faites passer le mot. Utilisez Twitter, Reddit, les emails, ce qui convient le mieux Ă  votre lectorat. Pour Twitter ou d’autres rĂ©seaux sociaux, utilisez s’il vous plaĂźt utiliser l’identifiant de rĂ©fĂ©rence #cablegate ou des rĂ©fĂ©rences uniques (par exemple # 66BUENOSAIRES2481) comme mots clĂ©s (hashtags).

Peut-ĂȘtre assistons-nous Ă  un changement d’Ă©poque, oĂč les voix des citoyens remplaceront le chuchotement des secrets derriĂšre des portes closes et les relations Ă©trangĂšres passeront Ă  une diplomatie plus ouverte. Peut-ĂȘtre pas. Quoi qu’il en soit, aprĂšs cette publication, le monde aura un nouveau modĂšle Ă  suivre.

Fin de Wikileaks.org qui renaĂźt sous Wikileaks.ch

 

AprĂšs avoir Ă©tĂ© lĂąchĂ© cette nuit par son prestataire DNS aux États-Unis, Wikileaks a repris du service avec l’extension suisse « .ch » qui pointe vers les serveurs du français OVH. Les warlogs sur l’Afghanistan et l’Irak sont eux hĂ©bergĂ©s par le MIT Ă  Boston.

wikileaks

Wikileaks plie mais ne rompt pas. Dans la nuit de jeudi Ă  vendredi, Wikileaks.org a disparu des Ă©crans aprĂšs que son prestataire DNS basĂ© aux États-Unis a coupĂ© les liens. Vers 10 heures ce matin, le site reprenait du service avec l’extension suisse « .ch » (qui appartient au Parti Pirate suisse) aprĂšs une annonce sur Twitter.

Selon nos constatations, Wikileaks.ch pointe vers les serveurs du français OVH (IP 213.251.145.96). ContactĂ© ce matin, ce dernier refuse toujours de confirmer qu’il hĂ©berge bien le site. Par ailleurs le site “cablegate.wikileaks.org” qui Ă©tait jusqu’Ă  hier hĂ©bergĂ© par le suĂ©dois Bahnhof est lui aussi passĂ© chez OVH.

Le suĂ©dois Bahnhof confirme qu’il hĂ©berge 2 serveurs Wikileaks

ContactĂ© par ZDNet.fr, Bahnhof nous a confirmĂ© ce matin qu’il hĂ©bergeait bien deux serveurs Wikileaks tout en prĂ©cisant que celui-ci « bouge tout le temps ». « Nous leur fournissons uniquement des ressources et n’avons aucun contrĂŽle sur leur contenu ou la façon dont ils gĂšrent leur trafic », a tenu Ă  nous indiquer la porte-parole de Bahnhof. Nous avons pu constater que la page “collateralmurder.com” qui montre la vidĂ©o d’un hĂ©licoptĂšre amĂ©ricain mitraillant des civils Ă  Bagdad est bien hĂ©bergĂ©e par Bahnhof.

De son cĂŽtĂ©, everyDNS.net a justifiĂ© sa dĂ©cision de stopper sa prestation envers wikileaks.org en raison des attaques DDoS dont il faisait l’objet.

L’amĂ©ricain EveryDNS.net craint les attaques DDoS contre Wikileaks

EveryDNS.net explique sa dĂ©marche en indiquant que « les services ont Ă©tĂ© supprimĂ©s pour violation de la disposition qui stipule : “un membre ne doit pas interfĂ©rer avec l’utilisation d’un autre Membre et Ă  la jouissance du Service ou d’une autre entitĂ© et la jouissance de services similaires”. L’interfĂ©rence en cause vient du fait que wikileaks.org est devenu la cible de plusieurs attaques distribuĂ©es par dĂ©ni de service (DDOS). Ces attaques ont, et les attaques futures pourraient, menacer la stabilitĂ© de l’infrastructure EveryDNS.net, qui permet d’accĂ©der Ă  prĂšs de 500.000 autres sites ».

Les warlogs sur l’Afghanistan et l’Irak hĂ©bergĂ©s par le MIT Ă  Boston

Si wikileaks.ch et cablegate.wikileaks.org sont hĂ©bergĂ©s chez OVH, les pages des “warlogs” concernant l’Afghanistan et l’Irak sont hĂ©bergĂ©es aux États-Unis par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) Ă  Cambridge (IP 18.85.28.35). Le dĂ©calage horaire ne nous a pas permis d’obtenir une confirmation officielle de la part du MIT. Wikileaks semble donc insubmersible…

Au-delĂ  de dĂ©montrer sa combativitĂ©, le site profite de la situation pour lancer des appels aux dons. La page d’accueil du site affiche dĂ©sormais un portrait de Julian Assange qui invite les internautes Ă  aider Wikileaks Ă  « rester fort ». Par ailleurs, le fondateur de Wikileaks rĂ©pondra en direct aux questions des lecteurs du quotidien Guardian.co.uk Ă  14h00, ce vendredi.

Au moment de publier cet article, wikileaks.ch et cablegate.wikileaks.org n’Ă©taient plus accessibles. Il est assez probable que des attaques DDoS soient en cours. (Marc Zaffagni pour Eureka Presse)


 
 


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