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Le détective privé qui espionnait Kate Middleton

 

A lire chaque jour le quotidien The Guardian, qui s’est fait une spĂ©cialitĂ© du sujet, la presse tabloĂŻd britannique se serait payĂ© pendant des annĂ©es les services d’individus louches pour obtenir des informations sur une foule de gens. Des politiques, des membres de la famille royale, des policiers de haut rang, des espions de Sa MajestĂ©, des sportifs de haut niveau, des artistes et des cĂ©lĂ©britĂ©s en tous genres.

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Depuis janvier, Scotland Yard, aprĂšs avoir longtemps traĂźnĂ© les pieds, enquĂȘte sur une affaire prĂ©cise : le cas du dĂ©tective privĂ© Glenn Mulcaire au service de News of the World, l’un des titres de l’empire Murdoch, dont la spĂ©cialitĂ© Ă©tait l’intrusion dans les boĂźtes vocales de tĂ©lĂ©phones portables. L’”opĂ©ration Weeting” - c’est son nom de code - occupe Ă  plein-temps 45 policiers.

Selon l’Ă©dition du 9 juin du quotidien de centre gauche, la police londonienne aurait en sa possession suffisamment d’informations pour Ă©largir son enquĂȘte. Elle aurait mis la main sur des cartons de documents, saisis chez un homme, Jonathan Rees, qui prouveraient que ce dernier a surveillĂ©, pour le compte de News of the World, Tony Blair du temps oĂč il Ă©tait premier ministre, mais aussi Kate Middleton, quand elle n’Ă©tait encore que la petite amie du prince William, ou encore plusieurs dirigeants de la Banque d’Angleterre, dont Mervyn King, devenu depuis le gouverneur de la banque centrale. Selon les cas, il aurait pĂ©nĂ©trĂ© leur ordinateur, eu accĂšs Ă  leur compte en banque ou Ă  leur dossier mĂ©dical, voire commanditĂ© des cambriolages pour s’emparer de documents confidentiels.

C’est en frĂ©quentant les loges maçonniques - et en y croisant des policiers qui ne demandaient qu’Ă  ĂȘtre corrompus - que Jonathan Rees a commencĂ© Ă  obtenir des informations qu’il pouvait ensuite monnayer Ă  Fleet Street. Pendant les annĂ©es 1990, son affaire a prospĂ©rĂ© grĂące Ă  trois journaux, le Daily Mirror, le Sunday Mirror et News of the World, toujours preneurs de rĂ©vĂ©lations croustillantes.

AprĂšs un passage en prison entre 1999 et 2004 - il avait tentĂ© de faire passer pour une cocaĂŻnomane l’ex-femme d’un de ses clients, qui voulait rĂ©cupĂ©rer la garde de ses enfants -, il semble qu’il ait travaillĂ© quasi exclusivement pour News of the World. Mais la police l’avait Ă  l’oeil, d’autant qu’il Ă©tait Ă©galement impliquĂ© dans une affaire de meurtre - il a Ă©tĂ© blanchi depuis. “Nous regardons si des preuves disponibles requĂ©raient des enquĂȘtes criminelles plus poussĂ©es”, a commentĂ© Scotland Yard, jeudi

Un espion russe aurait vendu au Mossad des renseignements secrets et sensibles sur l’AlgĂ©rie !

 

“Les services de sĂ©curitĂ© algĂ©riens sont en Ă©tat d’alerte. Selon notre confrĂšre El-Khabar, ils viennent de rouvrir le dossier portant sur le marchĂ© des MIG 29 dĂ©faillants fournis par la Russie Ă  l’ANP, suite Ă  la dĂ©couverte par les autoritĂ©s russes d’un rĂ©seau d’espionnage israĂ©lien qui collectait des renseignements sur les armes vendues par le Russie aux pays arabes, notamment l’AlgĂ©rie.”

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Dans ce sens, les services de sĂ©curitĂ© algĂ©riens ont demandĂ© Ă  leurs homologues russes spĂ©cialisĂ©s dans le contre-espionnage des renseignements sur le rĂ©seau israĂ©lien dĂ©mantelĂ© en Russie en dĂ©but du mois en cours. Les conclusions des enquĂȘtes menĂ©es par les services de contre-espionnage russes ont prouvĂ© que des anomalies ont Ă©tĂ© constatĂ©es sur les MIG 29 russes fournis Ă  l’AlgĂ©rie et que le Mossad est impliquĂ© dans cette affaire. En effet, ce rĂ©seau du Mossad est conduit par l’attachĂ© militaire prĂšs l’ambassade d’IsraĂ«l en Russie.

Dans ce sens, les services de sĂ©curitĂ© algĂ©riens ont demandĂ© Ă  leurs homologues russes de leur fournir des renseignements sur le volume des informations relatives aux marchĂ©s d’armement conclues entre la Russie et l’AlgĂ©rie, qui auraient Ă©tĂ© obtenues par l’espion israĂ©lien, expulsĂ© par les autoritĂ©s russes rĂ©cemment. Les services de sĂ©curitĂ© algĂ©riens n’écartent , Ă©galement, pas l’intĂ©rĂȘt que portent les services de renseignements israĂ©liens aux projets d’armements de l’ANP, notamment en ce qui concerne le renouvellement de la flotte navale militaire.
Selon les informations disponibles, l’enquĂȘte qui a levĂ© le voile sur cette affaire a Ă©tĂ© ouverte il y a quelques mois. L’espion israĂ©lien, Vadim Liederman, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© dans un cafĂ© en flagrant dĂ©lit en compagnie d’un officier russe. L’enquĂȘte a rĂ©vĂ©lĂ© que ce dernier a tentĂ© d’obtenir des informations relatives aux marchĂ©s conclus avec l’AlgĂ©rie, en particulier ceux qui concernent la fourniture des avions de chasse russes type Sukhoi 30 et des missiles type Pantsir. Pour sa part, le dĂ©partement de renseignement et de sĂ©curitĂ© prĂšs du ministĂšre de la DĂ©fense nationale a dĂ©signĂ© un groupe d’experts et d’officiers pour enquĂȘter sur le volume des informations que les services secrets israĂ©liens auraient obtenu. Une enquĂȘte interne menĂ©e par les forces de la marine a dĂ©montrĂ© qu’un pays europĂ©en a obtenu des informations relatives Ă  des missiles fournis Ă  l’AlgĂ©rie par la Russie. Les services secrets israĂ©liens ont obtenu cette information via un autre pays, d’aprĂšs les conclusions de cette enquĂȘte.

Lockheed Martin attaqué : une nouvelle Úre pour le cyber-espionnage ?

 

a compagnie amĂ©ricaine Lockheed Martin a indiquĂ© ce week-end avoir subi une attaque de grande envergure. Le dĂ©but d’une nouvelle Ăšre en matiĂšre de cyber-espionnage ?

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Dans le courant du mois de mars, RSA indiquait que se technologie SecurID avait Ă©tĂ© compromise Ă  la suite d’une attaque informatique de grande envergure. La filiale sĂ©curitĂ© du gĂ©ant amĂ©ricain EMC protĂšge les rĂ©seaux informatiques d’un grand nombre de compagnies avec cette technologie de jeton. On attendait depuis de savoir quelle serait la premiĂšre victime de cette attaque sans prĂ©cĂ©dent.

C’est dans ce contexte que Lockheed Martin a annoncĂ© ce week-end avoir dĂ©tectĂ© une tentative d’intrusion de son rĂ©seau informatique le 21 mai dernier. QualifiĂ©e « d’importante et tenace », cette attaque aurait pu avoir de sĂ©rieuses consĂ©quences, non seulement pour l’entreprise, mais Ă©galement pour les États-Unis.

Lockheed Martin est en effet le premier fournisseur du gouvernement amĂ©ricain en matiĂšre de sĂ©curitĂ© et de dĂ©fense. Les donnĂ©es de la firme amĂ©ricaine n’auraient pas Ă©tĂ© compromises, mais l’affaire fut considĂ©rĂ©e comme suffisamment sĂ©rieuse pour que le PrĂ©sident Barack Obama en soit informĂ©. MĂȘme si les consĂ©quences directes de cette attaque avortĂ©e sont minimales, Lockheed Martin a commencĂ© Ă  revoir certaines de ses procĂ©dures. La sociĂ©tĂ© a notamment fermĂ© l’accĂšs Ă  distance Ă  son rĂ©seau pendant un certain temps, et elle utilise dĂ©sormais des jetons Ă  huit chiffres au lieu de quatre. La plupart des employĂ©s travaillant habituellement Ă  distance ont donc dĂ» se rendre dans les locaux de l’entreprise, et plus de 100 000 utilisateurs ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  rĂ©initialiser leurs mots de passe.

On ne sait pas encore qui est derriĂšre cette tentative d’intrusion, et EMC s’est empressĂ© d’affirmer qu’il Ă©tait trop tĂŽt pour spĂ©culer sur sa responsabilitĂ©. Officiellement, RSA n’a perdu aucun client, mĂȘme si de nombreux spĂ©cialistes se posent des questions sur l’avenir de SecurID. En 2009, plus de 40 millions de personnes utilisaient cette technologie de jeton.

Le degrĂ© de complexitĂ© de cette attaque lance Ă©galement une nouvelle Ăšre en matiĂšre de cyber-espionnage. Les pirates cherchaient jusqu’alors le gain facile et rapide, alors qu’on a ici affaire Ă  une entreprise de longue haleine…

Espionnage pour Renault en Russie

 

Renault, le constructeur automobile, n’en finit pas avec les affaires d’espionnage. Selon le journal Le Monde, datĂ© du 6 mai 2011, deux cadres travaillant en Russie ont Ă©tĂ© accusĂ©s d’escroqueries et licenciĂ©s il y a six ans. Ces deux ex-salariĂ©s rĂ©clament aujourd’hui Ă  la direction de Renault des excuses et la reconnaissance du statut de victime. L’histoire ressemble Ă©trangement Ă  celle des trois cadres licenciĂ©s Ă  tort en dĂ©but d’annĂ©e 2011 en France.

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L’affaire s’est dĂ©roulĂ©e Ă  Moscou en 2005. Jean-Marie V et Laurent P travaillaient dans l’usine d’Avtoframos. Ils ont Ă©tĂ© convoquĂ©s Ă  l’époque par deux hauts responsables, dont Marc Tixador, chargĂ© de la sĂ©curitĂ©. Il est actuellement mis en examen dans le cadre de la fausse affaire d’espionnage qui dĂ©fraie la chronique depuis le dĂ©but de l’annĂ©e.

Les deux cadres ont Ă©tĂ© poussĂ©s Ă  rentrer en France, car sur eux pesaient des menaces d’attentat aux dires du responsable de la sĂ©curitĂ©. Une fois Ă  Paris, la direction les convoque. Elle les accuse d’avoir dĂ©tournĂ© de l’argent et d’ĂȘtre Ă  la tĂȘte d’une organisation de malfaiteurs. La direction se base sur les dĂ©clarations d’un salariĂ© d’un fournisseur de l’usine russe de Renault. Les deux cadres rĂ©clament des preuves Ă  la direction. En vain.

Sous la pression, Laurent P. finit par dĂ©missionner. Tandis que Jean-Marie V est licenciĂ©. Mais ce dernier dĂ©cide d’aller au Prud’hommes. Le tribunal lui donne raison et juge le licenciement non valide pour absence de cause rĂ©elle et sĂ©rieuse. Renault doit alors indemniser le salariĂ© Ă  hauteur de 207 000 euros. Mais aujourd’hui les deux victimes, profondĂ©ment choquĂ©es par leurs dĂ©boires, exigent d’autres rĂ©parations.

Facebook est une « épouvantable machine à espionner »

 

SĂ©curitĂ© - Le fondateur de WikiLeaks a vertement critiquĂ© le rĂ©seau social mais Ă©galement Google et Yahoo qu’il accuse de faire le jeu de services de renseignements amĂ©ricains.

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Dans un entretien accordĂ© Ă  Russia Today, Julian Assange s’est livrĂ© Ă  une charge en rĂšgle contre Facebook, Google et Yahoo qu’il accuse d’ĂȘtre des outils au service des renseignements amĂ©ricains.

Le fondateur et porte-parole de WikiLeaks s’en est particuliĂšrement pris Ă  Facebook qu’il considĂšre comme la plus « Ă©pouvantable machine d’espionnage qui ait jamais Ă©tĂ© inventĂ©e ». Selon lui, le rĂ©seau social est « la base de donnĂ©es la plus complĂšte du monde sur les gens, leurs relations, leurs noms, leurs adresses, leurs emplacements, leurs communications les uns avec les autres, et leurs proches », le tout accessible aux services de renseignement en cas de besoin.

Facebook accusĂ© d’ĂȘtre au service des renseignements amĂ©ricains

Assange ajoute mĂȘme que Facebook, Google et Yahoo ont conçu des interfaces dĂ©diĂ©es afin d’automatiser le processus. Il estime que les services de renseignements ont les moyens de faire peser une pression lĂ©gale et politique sur ces compagnies pour obtenir des informations.

Facebook a rĂ©agi aux propos d’Assange : « Nous ne rĂ©pondons pas Ă  la pression, nous rĂ©pondons aux procĂ©dures lĂ©gales obligatoires », a dĂ©clarĂ© un porte-parole. « Il n’y a jamais eu un moment oĂč nous avons Ă©tĂ© contraints de remettre des donnĂ©es [et] nous nous battons chaque fois que nous pensons que le processus juridique est insuffisant » a-t-il ajoutĂ©. (article par Eureka Presse) vue sur ZDnet

Lutte contre l’espionnage industriel : le retard des entreprises françaises

 

Le scandale de la pseudo affaire d’espionnage industriel chez Renault permettra-t-il aux entreprises de mieux Ă©valuer les risques de l’espionnage industriel ? Il est temps de mettre en Ɠuvre une dĂ©marche de protection du patrimoine informationnel.

Culturellement, il est vrai que le secteur privĂ© tend Ă  considĂ©rer la sĂ©curitĂ© avec un dĂ©sintĂ©rĂȘt certain, la plaçant aux marges de ses activitĂ©s et y consacrant des ressources financiĂšres et humaines encore limitĂ©es. Pourtant, l’État s’est engagĂ© depuis quelques annĂ©es Ă  mieux sensibiliser le secteur privĂ© aux enjeux de la sĂ©curitĂ© et de l’intelligence Ă©conomique.

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L’espionnage industriel est pourtant connu depuis longtemps. Il n’est pas une nouveautĂ© de ce siĂšcle marquĂ© par une explosion des flux d’informations. De mĂȘme, la dĂ©viance des relations concurrentielles n’est pas propre aux grands groupes industriels, et des PME peuvent trĂšs bien ĂȘtre touchĂ©es par l’espionnage industriel dĂšs lors que leurs activitĂ©s les mettent en possession d’informations ou de savoir-faire exclusifs.

On constate cependant un retard français important, mĂȘme si le dĂ©veloppement du secteur de l’intelligence Ă©conomique et de la gestion des risques ces derniĂšres annĂ©es a renforcĂ© la prĂ©occupation lĂ©gitime des entreprises pour la sĂ©curisation de leur patrimoine. L’analyse des circuits de dĂ©cision, la due diligence, la sĂ©curisation des rĂ©seaux informatiques ou la lutte anti-contrefaçon sont autant de nouvelles pratiques destinĂ©es Ă  protĂ©ger le savoir-faire et les produits de l’entreprise dans un contexte de concurrence internationale accrue. Mais c’est surtout la gĂ©nĂ©ralisation des outils de communication numĂ©rique qui donne toute sa raison Ă  la confidentialitĂ© du patrimoine informationnel.

En France, l’État tente de rattraper le retard en encourageant la gĂ©nĂ©ralisation de pratiques communes dans le domaine de la lutte contre l’espionnage industriel. Le rapport Carayon publiĂ© en 2003 a d’ailleurs constituĂ© un puissant signal d’alarme, poussant l’État Ă  crĂ©er en 2005 un poste de haut responsable Ă  l’intelligence Ă©conomique auprĂšs du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la dĂ©fense nationale. Depuis 2009, c’est la responsabilitĂ© du dĂ©lĂ©guĂ© interministĂ©riel Ă  l’intelligence Ă©conomique.

La direction centrale du renseignement intĂ©rieur, l’agence nationale de sĂ©curitĂ© des systĂšmes d’information

Plusieurs registres d’actions sont parallĂšlement dĂ©ployĂ©s. Au niveau lĂ©gislatif, l’État garantit naturellement la propriĂ©tĂ© industrielle et intellectuelle, complĂ©tĂ©e par l’action de plusieurs services. La direction centrale du renseignement intĂ©rieur (DCRI) intervient ainsi dans les entreprises pour les sensibiliser sur les risques qu’elles peuvent rencontrer (vole de donnĂ©es Ă©lectroniques et piratage informatique, dĂ©ficit de communication interne, etc.) et renforcer les compĂ©tences professionnelles des personnels dans le domaine de la sĂ©curitĂ©. L’action de la DCRI se concentre sur les secteurs hautement stratĂ©giques, ceux oĂč la souverainetĂ© de la France est engagĂ©e ou dans lesquels l’entreprise dispose d’une position leader qu’il faut prĂ©server.

ParallĂšlement, une agence nationale de sĂ©curitĂ© des systĂšmes d’information a Ă©tĂ© créée en 2009 afin de sensibiliser les entreprises Ă  la sĂ©curitĂ© des rĂ©seaux. Cette agence assure une “mission d’autoritĂ© nationale” dans ce domaine et a la charge de “proposer les rĂšgles Ă  appliquer pour la protection des systĂšmes d’information de l’État et de vĂ©rifier l’application des mesures adoptĂ©es”. L’agence est a donc Ă  l’avant-garde de la dĂ©fense informatique et constitue le principal “rĂ©servoir de compĂ©tences qui doit pouvoir mettre son expertise et son assistance technique au profit des administrations et des opĂ©rateurs d’infrastructure vitale”.

Enfin au niveau du capital humain, les entreprises invoquent une “guerre Ă©conomique” et recrutent dans les rangs des anciens policiers et militaires. Les membres des services de renseignements sont particuliĂšrement convoitĂ©s pour leur maĂźtrise de la collecte de l’information et leur compĂ©tence Ă  agir dans des domaines stratĂ©giques et confidentiels. Nombre de sociĂ©tĂ©s d’intelligence Ă©conomique sont par ailleurs composĂ©es d’anciens membres des services de renseignement.

Vue sur : http://lecercle.lesechos.fr

Espionnage: Renault porte plainte

 

Le groupe Renault cible la “fourniture d’Ă©lĂ©ments” confidentiels Ă  des groupes Ă©trangers.

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La direction a mis Ă  pied trois de ses cadres, mais c’est contre X que Renault a dĂ©cidĂ© de porter plainte, jeudi auprĂšs du parquet de Paris. Le constructeur dit avoir des preuves “d’espionnage industriel”, “de corruption”, “d’abus de confiance” et “de vol et recel commis en bande organisĂ©e” dans l’affaire qui le secoue depuis plusieurs jours.

Article vue sur le site de Europe 1

Renault dĂ©nonce “un prĂ©judice” fait Ă  l’entreprise

“Cette plainte fait suite Ă  la dĂ©couverte d’agissements graves, portant prĂ©judice Ă  l’entreprise, en particulier sur ses actifs stratĂ©giques, technologiques et intellectuels”, a indiquĂ© le groupe dans un communiquĂ©. Elle vise la “fourniture d’Ă©lĂ©ments intĂ©ressant le secret Ă©conomique français Ă  une puissance Ă©trangĂšre”, a prĂ©cisĂ©, pour sa part, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin. PriĂ© de dire quel Ă©tait ce pays, le procureur a rĂ©pondu : “C’est la position de Renault. Ils citent non pas une puissance Ă©trangĂšre, ils ne citent que des personnes morales de droit privĂ©”.

Depuis dĂ©but janvier, Renault soupçonne trois de ses cadres dirigeants d’avoir fait fuiter des informations sensibles liĂ©es Ă  ses actifs stratĂ©giques, intellectuels et technologiques. Plusieurs mĂ©dias soutiennent Ă©galement qu’une enquĂȘte menĂ©e par une sociĂ©tĂ© de renseignement privĂ©e a permis de mettre au jour une tentative d’espionnage visant sa future voiture Ă©lectrique, un programme phare de Renault qui a investi quatre milliards d’euros sur ce dossier.

Le procureur peut dĂ©sormais ouvrir une enquĂȘte prĂ©liminaire

“Cette affaire relĂšve maintenant de la justice”, a tenu Ă  souligner Renault avant d’ajouter : “Afin de permettre Ă  la procĂ©dure judiciaire de se dĂ©rouler dans un climat de sĂ©rĂ©nitĂ©, la sociĂ©tĂ© ne participera d’aucunes surenchĂšres polĂ©miques et rĂ©servera exclusivement les Ă©lĂ©ments en sa possession aux services compĂ©tents chargĂ©s de l’enquĂȘte”.

Maintenant qu’il est saisi, le procureur de Paris peut soit ouvrir une enquĂȘte prĂ©liminaire qu’il dirigerait, soit ouvrir une information qui serait confiĂ©e Ă  un juge d’instruction indĂ©pendant. Cette derniĂšre technique, qui permet lĂ©galement des mĂ©thodes d’enquĂȘte plus coercitives et des investigations Ă  l’Ă©tranger, a cependant Ă©tĂ© presque systĂ©matiquement abandonnĂ©e en matiĂšre financiĂšre ces derniĂšres annĂ©es. Selon le Canard enchaĂźnĂ© de mercredi, c’est Ă  contrecƓur que Renault vient devant la justice. Le groupe aurait, en effet, largement prĂ©fĂ©rĂ© rĂ©gler l’affaire d’espionnage en interne et ne pas l’Ă©bruiter.

Les enjeux Ă©tant colossaux, les marques automobiles sont extrĂȘmement vigilantes en ce qui concerne l’espionnage industriel. Les peines peuvent aller jusqu’Ă  10 ans de prison et 150.000 euros d’amende pour de tels faits.

Les trois cadres disparaissent de la procédure

Pour l’instant, Renault ne souhaite pas porter plainte contre les trois cadres mis en cause et il n’est plus certain qu’ils soient licenciĂ©s. Ils disparaissent peu Ă  peu de la procĂ©dure. Michel Balthazar le plus haut responsable des trois, est soulagĂ© de ne pas ĂȘtre poursuivi nominativement, mais pour lui, le flou prouve surtout que le dossier est bien vide. ” Aujourd’hui on attend toujours des explications toujours pour pouvoir qualifier les faits. Nous sommes un peu Ă©tonnĂ©s d’avoir Ă©tĂ© convoquĂ©s Ă  un entretien prĂ©alable, et maintenant on nous dit qu’il n’y aura peut-ĂȘtre pas de courrier”, explique son avocat Xavier Thouvenin. Renault a maintenant moins d’un mois pour pouvoir licencier les salariĂ©s suspendus.

L’ESPIONNE PRÉSUMÉE DE FRANCE 24 SORT DE SON SILENCE

 

Ce matin, LibĂ©ration donne la parole Ă  Candice Marchal, soupçonnĂ©e d’espionnage Ă  France 24. Dans les colonnes du quotidien, celle par qui le scandale est arrivĂ© nie toute tentative d’espionnage pour le compte de Christine Ockrent. « Je me suis connectĂ©e Ă  des serveurs de l’AEF avec un mot de passe fourni par l’informaticien, j’y ai accĂ©dĂ© depuis chez moi depuis mon ordinateur professionnel (…) (J’ai accĂ©dĂ©) Ă  des Ă©lĂ©ments de la sociĂ©tĂ© auxquels j’avais accĂ©s de par mes fonctions » explique-t-elle.

InquiĂšte selon ses dĂ©clarations pour son avenir au sein de France 24 oĂč « c’est l’hĂ©catombe », Candice Marchal se connecte aux serveurs « pour chercher un nouvel organigramme ou une ligne budgĂ©taire (la) concernant ». Pour justifier son geste, la proche collaboratrice de Christine Ockrent dĂ©nonce « le harcĂšlement quotidien » dont elle est victime. Quant Ă  la nature de ses rapports avec Christine Ockrent, elle parle d’un lien professionnel « qui date d’il y a dix ans ».

Vue sur OZAP

Une enquĂȘte suspecte
Candice Marchal dĂ©nonce surtout l’enquĂȘte dont elle fait l’objet Ă  France 24. Une enquĂȘte menĂ©e « par une officine privĂ©e » qui, prĂ©cise-t-elle « a Ă©tĂ© créée le 4 octobre dernier ». Pour rappel, Alain de Pouzilhac, directeur de France 24 en conflit ouvert avec Christine Ockrent sa numĂ©ro deux, commande une enquĂȘte Ă  une sociĂ©tĂ© privĂ©e aprĂšs des fuites dans la presse concernant le budget de la chaĂźne. C’est cette enquĂȘte, et non les investigations de police, qui dĂ©signera Candice Marchal comme espionne prĂ©sumĂ©e de France 24.

« Le rapport de l’officine, je le conteste haut et fort » explique-t-elle. Elle soupçonne cette sociĂ©tĂ© d’avoir placĂ© un disque dur dans son ordinateur avec les fameux fichiers :« J’ai remis mon ordinateur Ă  la demande de l’AEF le 7 novembre et il est parti en expertise deux ou trois semaines plus tard, ça laisse le temps de mettre un disque dur ou de le modifier » dĂ©nonce-telle. Pour Candice Marchal, ce n’est pas elle qu’on vise, mais Christine Ockrent : « J’ai l’impression d’ĂȘtre un pion de l’Ă©chiquier ». L’ex-salariĂ©e de France 24 compte d’ailleurs dĂ©poser plusieurs plaintes pour escroquerie, atteinte au secret de la correspondance et pour violation du secret professionnel. Sans compter son attaque aux prud’hommes pour contester son licenciement.

Premier soutien de Christine Ockrent
Depuis le dĂ©but de cette affaire, Christine Ockrent n’avait comptĂ© aucun soutien, se livrant seule dans la bataille mĂ©diatique, Marianne et Le Point la dĂ©signant comme l’une des commanditaires de cette vaste opĂ©ration d’espionnage au sein de la sociĂ©tĂ© qui gĂšre l’audiovisuel extĂ©rieur de la France. DĂ©savouĂ©e par ses directeurs et sa rĂ©daction la semaine derniĂšre, elle n’a pas dĂ©missionnĂ© de son poste. Si son ministre de tutelle n’a pas encore pris de dĂ©cision quant Ă  son avenir au sein du groupe, le comitĂ© d’entreprise de RFI - membre de l’AEF - a demandĂ© hier Ă  la justice la dĂ©signation d’un administrateur provisoire pour remplacer les deux dirigeants. A ce jour, l’enquĂȘte de police en cours n’a toujours pas dĂ©livrĂ© ses premiĂšres conclusions. Elles risquent d’ĂȘtre explosives.

Le communiquĂ© de l’hĂ©bergeur OVH de Wikileaks

 

Comme vous savez certainement, le site wikileaks est hĂ©bergĂ© sur nos infrastructures depuis hier trĂšs tĂŽt le matin. Il s’agit d’un client qui a commandĂ© un serveur dĂ©diĂ©, avec les blocs RIPE et de protections contre les attaques. Sa facture payĂ©e par CB s’Ă©lĂšve Ă  moins de 150euro. Et donc il hĂ©berge le site wikileaks.

wikileaks

Juridiquement parlant Ovh n’est pas l’hĂ©bergeur de ce site. Ovh est, juste, le prestataire technique de la solution technique que le client a commandĂ©.
Bref, l’histoire est banale et quotidienne. Le systĂšme est totalement automatique et fonctionne 24 heures sur 24. Nous avons dĂ©couvert comme vous tous que ce site est chez nous hier … dans la presse.

Ovh n’est ni pour ni contre ce site. La question hors sujet pour nous. Ovh est une entreprise qui fournit les infrastructures, le fameux cloud computing disponible en quelques heures …, et notre rĂŽle est d’assurer cette prestation technique. C’est tout. On n’a pas demandĂ© d’hĂ©berger ce site ou ne pas l’hĂ©berger. Maintenant qu’il est chez nous on assure le contrat. C’est notre boulot. Il est fonctionnel.

Compte tenu de derniĂšres dĂ©clarations politiques, et de pressions qui commencent rĂ©ellement Ă  se sentir, mĂȘme ici Ă  Roubaix Valley, nous avons dĂ©cidĂ© de saisir le juge en rĂ©fĂ©rĂ© afin qu’il se prononce sur la lĂ©galitĂ© ou pas de ce site sur le territoire français. Ce n’est pas au monde politique ni Ă  Ovh de demander ou de dĂ©cider la fermeture ou pas d’un site mais Ă  la justice. C’est comme que ça doit marcher dans un pays de droit.
Nous espérons que le juge donnera sa décision avant ce soir ou demain. Et Ovh appliquera la décision immédiatement.

WIKILEAKS : LEÇONS SUR LES TECHNOLOGIES ET LA TRANSPARENCE

 

La publication par Wikileaks de plus de 250000 dĂ©pĂȘches diplomatiques des ambassades amĂ©ricaines est LE sujet qui monopolise l’attention des mĂ©dias et des gouvernements. Renata Avila examine les outils, les stratĂ©gies et les pratiques de diffusion via les technologies numĂ©riques mises en Ɠuvre par Wikileaks.

par Renata Avila · Traduit par Esther · Voir le billet original [en]
Source : http://www.leuromag.com

wikileaks

Le “Cablegate” (rĂ©vĂ©lations de Wikileaks) est partout. On peut trouver des articles Ă  ce sujet dans pratiquement n’importe quel site d’informations en ligne ou journal dans le monde, le voir Ă  travers les liens partagĂ©s sur les sites de mĂ©dias sociaux, suivre le hashtag (mot clĂ©) #cablegate sur Twitter, parcourir des dizaines de blogs, en entendre parler Ă  la radio. La publication par Wikileaks de plus de 250 000 tĂ©lĂ©grammes d’ambassades des États-Unis est actuellement l’un des sujets les plus chauds dans les mĂ©dias et au seins des gouvernements : la technologie a rĂ©duit l’Ă©cart entre les citoyens et les informations gouvernementales complexes, et les internautes discutent activement Ă  travers le monde entier de cette affaire.
Comme Geert Lovink et Patrice Riemens le soulignent dans leur article “«Dix thĂšses sur Wikileaks» [en anglais], la publication par l’organisation d’informations gouvernementales sensibles a utilisĂ© la technologie pour capter l’attention de millions de personnes :
Wikileaks manages to capture that attention by way of specLa publication par Wikileaks de plus de 250000 dĂ©pĂȘches diplomatiques des ambassades amĂ©ricaines est LE sujet qui monopolise l’attention des mĂ©dias et des gouvernements. Renata Avila examine les outils, les stratĂ©gies et les pratiques de diffusion via les technologies numĂ©riques mises en Ɠuvre par Wikileaks.

tacular information hacks where other parties, especially civil society groups and human rights organizations, are desperately struggling to get their message across. Wikileaks genially puts to use the ‘escape velocity’ of IT — using IT to leave IT behind and irrupt into the realm of real-world politics.

Wikileaks rĂ©ussit Ă  capter cette attention au moyen de spectaculaires piratages d’informations lĂ  oĂč les autres parties, en particulier des groupes de la sociĂ©tĂ© civile et des organisations des droits de l’Homme, se battent dĂ©sespĂ©rĂ©ment pour faire passer leur message. Wikileaks utilise avec gĂ©nie la «vitesse d’Ă©vasion» des technologies de l’information (TI), utilisant ces technologies pour les laisser Ă  la traĂźne et faire irruption dans le domaine de la politique du monde rĂ©el.

Mais quels outils utilisent-ils pour capter et conserver l’attention du public et des mĂ©dias et finalement dissiper l’opacitĂ© gouvernementale qu’il combattent ? Plus important encore, comment les citoyens peuvent-ils collaborer Ă  cet appel innovant, en temps rĂ©el et concentrĂ© sur la diplomatie Ă  rendre des comptes ?

Les médias traditionnels partenaires
Wikileaks a fourni Ă  cinq grands mĂ©dias — The Guardian [anglais], Le Monde [français], El PaĂ­s [espagnol], Der Spiegel [allemand], et le New York Times [anglais] — un accĂšs en avant premiĂšre aux dĂ©pĂȘches diplomatiques amĂ©ricaines. En combinant une mise en ligne avec la publication par les mĂ©dias traditionnels, Wikileaks - et d’autres organisations travaillant pour la transparence en ligne - sont en mesure d’atteindre un public plus large et de diffuser des informations dans diffĂ©rents formats et les moyens de communication. Les mises Ă  jour constantes de Wikileaks sur Twitter ont mĂȘme Ă©tĂ© abordĂ©es au cours d’une confĂ©rence de presse du DĂ©partement d’Etat des Etats-Unis et plusieurs organisations internationales de mĂ©dias qui leur ont fait rĂ©fĂ©rence.

Les outils de visualisation
La majoritĂ© des mĂ©dias partenaires de Wikileaks et le site Cablegate utilisent des graphiques faciles Ă  comprendre pour communiquer les donnĂ©es d’une maniĂšre plus complĂšte. Information Aesthetics a un tour d’horizon des techniques de visualisation diffĂ©rentes. Fast Company a adoptĂ© une approche lĂ©gĂšrement diffĂ©rente, construisant un «Wordle»[outil de visualisations des thĂšmes principaux] Ă  partir des dĂ©pĂȘches.

Cablegate Wordle, via Fast Company
Crowdsourcing [information collaborative]

Cablegate propose Ă  n’importe quel utilisateur, n’importe oĂč dans le monde, le moyen de naviguer facilement et de localiser n’importe quel tĂ©lĂ©gramme possĂ©dant un intĂ©rĂȘt pour eux et de tirer leurs propres conclusions. Wikileaks invite les utilisateurs Ă  rechercher des Ă©vĂ©nements s’Ă©tant produits dans leur propre pays. Ils peuvent, par exemple, vĂ©rifier les dates clĂ©s d’Ă©vĂ©nements pertinents pour voir s’ils peuvent trouver des tĂ©lĂ©grammes y faisant rĂ©fĂ©rence, puis partager leurs analyses et leurs rĂ©sultats en utilisant les outils du Web 2.0. Il s’agit essentiellement d’une responsabilitĂ© portĂ©e par les masses, «crowdsourcĂ©e» (assemblĂ©e Ă  partir de multiples sources), par n’importe qui, n’importe oĂč dans le monde. D’autres organisations en profitent, encourageant les citoyens du Net Ă  «mettre les mains dans le cambouis» et fouiller dans les tĂ©lĂ©grammes Ă  la recherche d’information pertinente : le blog «Non Ă©dité» du National Security Archive a publiĂ© [en anglais] un guide sur la façon de lire les documents du DĂ©partement d’État et une liste des acronymes couramment utilisĂ©s dans les tĂ©lĂ©grammes.

Wikileaks encourage les internautes Ă  partager leurs trouvailles :
Pick out interesting events and tell others about them. Use twitter, reddit, mail whatever suits your audience best. For twitter or other social networking services please use the #cablegate or unique reference ID (e.g. #66BUENOSAIRES2481) as hash tags.

Choisissez des Ă©vĂ©nements intĂ©ressants et faites passer le mot. Utilisez Twitter, Reddit, les emails, ce qui convient le mieux Ă  votre lectorat. Pour Twitter ou d’autres rĂ©seaux sociaux, utilisez s’il vous plaĂźt utiliser l’identifiant de rĂ©fĂ©rence #cablegate ou des rĂ©fĂ©rences uniques (par exemple # 66BUENOSAIRES2481) comme mots clĂ©s (hashtags).

Peut-ĂȘtre assistons-nous Ă  un changement d’Ă©poque, oĂč les voix des citoyens remplaceront le chuchotement des secrets derriĂšre des portes closes et les relations Ă©trangĂšres passeront Ă  une diplomatie plus ouverte. Peut-ĂȘtre pas. Quoi qu’il en soit, aprĂšs cette publication, le monde aura un nouveau modĂšle Ă  suivre.


 
 


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