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Le détective privé qui espionnait Kate Middleton

 

A lire chaque jour le quotidien The Guardian, qui s’est fait une spĂ©cialitĂ© du sujet, la presse tabloĂŻd britannique se serait payĂ© pendant des annĂ©es les services d’individus louches pour obtenir des informations sur une foule de gens. Des politiques, des membres de la famille royale, des policiers de haut rang, des espions de Sa MajestĂ©, des sportifs de haut niveau, des artistes et des cĂ©lĂ©britĂ©s en tous genres.

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Depuis janvier, Scotland Yard, après avoir longtemps traĂ®nĂ© les pieds, enquĂŞte sur une affaire prĂ©cise : le cas du dĂ©tective privĂ© Glenn Mulcaire au service de News of the World, l’un des titres de l’empire Murdoch, dont la spĂ©cialitĂ© Ă©tait l’intrusion dans les boĂ®tes vocales de tĂ©lĂ©phones portables. L’”opĂ©ration Weeting” - c’est son nom de code - occupe Ă  plein-temps 45 policiers.

Selon l’Ă©dition du 9 juin du quotidien de centre gauche, la police londonienne aurait en sa possession suffisamment d’informations pour Ă©largir son enquĂŞte. Elle aurait mis la main sur des cartons de documents, saisis chez un homme, Jonathan Rees, qui prouveraient que ce dernier a surveillĂ©, pour le compte de News of the World, Tony Blair du temps oĂą il Ă©tait premier ministre, mais aussi Kate Middleton, quand elle n’Ă©tait encore que la petite amie du prince William, ou encore plusieurs dirigeants de la Banque d’Angleterre, dont Mervyn King, devenu depuis le gouverneur de la banque centrale. Selon les cas, il aurait pĂ©nĂ©trĂ© leur ordinateur, eu accès Ă  leur compte en banque ou Ă  leur dossier mĂ©dical, voire commanditĂ© des cambriolages pour s’emparer de documents confidentiels.

C’est en frĂ©quentant les loges maçonniques - et en y croisant des policiers qui ne demandaient qu’Ă  ĂŞtre corrompus - que Jonathan Rees a commencĂ© Ă  obtenir des informations qu’il pouvait ensuite monnayer Ă  Fleet Street. Pendant les annĂ©es 1990, son affaire a prospĂ©rĂ© grâce Ă  trois journaux, le Daily Mirror, le Sunday Mirror et News of the World, toujours preneurs de rĂ©vĂ©lations croustillantes.

Après un passage en prison entre 1999 et 2004 - il avait tentĂ© de faire passer pour une cocaĂŻnomane l’ex-femme d’un de ses clients, qui voulait rĂ©cupĂ©rer la garde de ses enfants -, il semble qu’il ait travaillĂ© quasi exclusivement pour News of the World. Mais la police l’avait Ă  l’oeil, d’autant qu’il Ă©tait Ă©galement impliquĂ© dans une affaire de meurtre - il a Ă©tĂ© blanchi depuis. “Nous regardons si des preuves disponibles requĂ©raient des enquĂŞtes criminelles plus poussĂ©es”, a commentĂ© Scotland Yard, jeudi

Comment les détectives de DSK vont semer le doute

 

Lundi, DSK a quittĂ© sa rĂ©sidence surveillĂ©e de TriBeCa pour rejoindre la cour suprĂŞme de New York oĂą, lors d’une audience purement formelle, il s’est vu notifier sa mise en accusation et a plaidĂ© non coupable. Cela ne l’engage Ă  rien, il peut revenir sur son choix Ă  tout moment jusqu’Ă  l’ouverture du procès. Le juge Ă©tablira alors un calendrier de procĂ©dure et le procureur commencera Ă  livrer Ă  la dĂ©fense les Ă©lĂ©ments matĂ©riels sur lesquels repose l’accusation, Ă  commencer par la plainte. Chacun des mots et, au-delĂ  des mots, la personnalitĂ© de la victime prĂ©sumĂ©e seront dissĂ©quĂ©s par les limiers de la cĂ©lèbre agence new-yorkaise Guidepost Solutions. Mais les dĂ©tectives engagĂ©s par la dĂ©fense de Strauss-Kahn ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  explorer le passĂ© de la GuinĂ©enne de 32 ans qui accuse l’ex-patron du FMI d’agression sexuelle.

“Dans ce type d’affaire, les seules preuves objectives que l’on a se limitent Ă  la parole de l’un contre la parole de l’autre. Il est donc indispensable de tester la crĂ©dibilitĂ© de la victime prĂ©sumĂ©e pour apprĂ©cier la fiabilitĂ© de son tĂ©moignage”, explique Christophe Ayela, avocat au barreau de Paris. En France comme aux États-Unis, il est de bonne guerre d’engager des enquĂŞteurs privĂ©s dont la mission est de dĂ©molir les dĂ©clarations d’une personne, a fortiori si elle est le seul “tĂ©moin” des faits dĂ©noncĂ©s.

(article le point)

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Les enquĂŞteurs de Guidepost Solutions se seraient rendus en GuinĂ©e pour y dĂ©busquer jusqu’aux transgressions les plus anodines de la jeune femme. Autre terrain d’exploration : la chambre oĂą s’est dĂ©roulĂ© le prĂ©tendu crime. Le moindre indice tirĂ© de la configuration des lieux et de la reconstitution des faits sera exploitĂ©. Les enquĂŞteurs chercheront bien sĂ»r aussi Ă  dĂ©busquer toute forme de mensonge ayant permis Ă  la jeune femme de se loger et de travailler au sein d’un Ă©tablissement prestigieux. “Il est peu probable que le Sofitel l’ait embauchĂ©e si elle n’avait pas les papiers nĂ©cessaires”, note l’avocat new-yorkais et ancien substitut du procureur de New York Stephen Dreyfuss.

Les enquĂŞteurs s’informent aussi sur les amis et relations de la jeune femme, ses lieux de sortie, son quotidien et sa vie personnelle : a-t-elle dĂ©jĂ  acceptĂ© des relations sexuelles contre de l’argent ? Connaissait-elle DSK ? Consommait-elle de la drogue ? Avait-elle l’habitude de crier au loup ? etc. Les dĂ©tectives feront Ă©galement rĂ©aliser des analyses visant Ă  contredire celles du laboratoire de mĂ©decine lĂ©gale choisi par le procureur.

Feront-ils placer la jeune femme sur Ă©coute ? “Si un participant Ă  l’entretien tĂ©lĂ©phonique y consent (en l’occurrence, le dĂ©tective privĂ©), il peut enregistrer sa propre conversation avec une autre personne Ă  son insu, souligne Me Dreyfuss. Mais dans l’affaire DSK, il est peu probable que la dĂ©fense rĂ©ussisse Ă  nouer un contact tĂ©lĂ©phonique avec la victime prĂ©sumĂ©e. Si, en revanche, le procureur ou la police veulent procĂ©der Ă  des Ă©coutes (”wiretapping”) afin d’entendre et enregistrer les appels Ă©mis ou reçus par l’un des protagonistes, l’autorisation prĂ©alable d’un juge du siège est nĂ©cessaire.”

Effet de surprise

Ces investigations n’ont qu’un objectif : instiller la confusion dans la tĂŞte des jurĂ©s. Car aux États-Unis, le doute est un prĂ©cieux bouclier pour l’accusĂ©. “Dans le système du doute raisonnable, le raisonnement des jurĂ©s est le suivant : Son passĂ© peut crĂ©er un doute sur sa crĂ©dibilitĂ©. Dans celui de l’intime conviction, c’est l’inverse. On se dit : Je suis persuadĂ© qu’il est coupable mĂŞme s’il y a un doute sur son passĂ©, explique Me Ayela. Il y a plus d’objectivitĂ© et de respect de la prĂ©somption d’innocence dans le système amĂ©ricain.”

Plus l’effet de surprise sera fort, mĂŞme sur un Ă©lĂ©ment de dĂ©tail du tĂ©moignage ou de la vie de la plaignante, plus le doute jettera de l’ombre sur l’accusation. Les avocats n’ont bien sĂ»r aucune obligation de dĂ©voiler leurs informations avant le procès ni de les partager avec le parquet. “Ils n’auraient d’ailleurs aucun intĂ©rĂŞt Ă  le faire, et ce pour Ă©viter que le procureur ne prĂ©pare un tĂ©moin pour contrer ces preuves”, explique Me Dreyfuss”.

Les détectives face aux jurés

Les dĂ©tectives ont cependant les mains liĂ©es par certaines règles de procĂ©dure. “Ils peuvent tĂ©moigner de ce qu’ils ont fait et de ce qu’ils ont trouvĂ©, mais ils ne peuvent pas raconter ce que leur ont dit les personnes interrogĂ©es. En outre, leur rapport ne sera pas recevable s’il ne comporte que des ouĂŻ-dire. Dans ce cas, ils feront en sorte que les personnes interrogĂ©es soient entendues comme tĂ©moins et puissent ainsi livrer leurs informations aux jurĂ©s”, ajoute l’avocat.

Les règles sont diffĂ©rentes en France, oĂą la dĂ©fense peut demander Ă  ce que le dĂ©tective comparaisse comme tĂ©moin. Il peut donc relater librement ce qu’il a vu ou entendu.

REGARDEZ : DSK face au tribunal choisit de plaider non-coupable

les villes engagent des détectives privés

 

Mystère à Crégy-lès-Meaux… A douze reprises entre novembre et janvier, cette petite ville briarde de 4500 habitants, en Seine-et-Marne, a été victime d’un pollueur en série. Propres le vendredi soir, les rues de la commune se retrouvaient, chaque samedi matin, jonchées de prospectus découpés en morceaux. L’affaire — légalement une contravention de cinquième classe — laissait froids les policiers du commissariat de Meaux, dont dépend Crégy.

Alors, pour aider son unique policier municipal à percer le mystère, le maire (PS) Gérard Chomont a fait appel… à un détective privé.

Les élus se sentent abandonnés par les forces de l’ordre :

« Comme la police n’a pas le temps, on est bien obligés de se substituer à elle ! » s’agace-t-il, encore échaudé par la fermeture, en septembre, de l’antenne du commissariat dans sa ville. Selon le commissaire du secteur, cette restructuration n’a rien changé : « Les patrouilles sont même plus nombreuses qu’avant et la délinquance n’a pas augmenté. »

Les élus locaux ne l’entendent pas de cette oreille. « Cette semaine encore, on avait besoin d’aide pour arrêter des jeunes à minimotos et personne n’est venu ! Ils sont repartis sans être inquiétés », raconte Pierre Munden.

C’est cet adjoint au maire, normalement chargé des travaux, qui s’est mis en quête du détective privé, en janvier. « J’ai ouvert l’annuaire, dit-il, et j’ai choisi le plus gros cabinet du département, à Melun. » Surveillance, filatures, photos et rapports au kilomètre…

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Le 5 février, à 7h50, trois détectives du cabinet Foucher, deux adjoints au maire et le policier municipal ont remis aux autorités un sexagénaire, pris sur le fait en train de disperser les prospectus à travers la fenêtre de sa voiture. « Il voulait se venger du bruit des camions de chantier qui passent devant chez sa mère malade quand il lui rend visite le samedi matin », relate Noël Brissard, expert en filature.

En douze ans de métier, c’est la première fois que ce privé était mandaté par une mairie. Plus habitué aux maris jaloux et aux patrons soupçonneux, il a « procédé comme d’habitude ». Soit quatre nuits de planque, de 21 heures à 9 heures, jusqu’à résolution de l’affaire. Coût de l’intervention : 5000 €.

La facture est salée, mais le maire se dit prêt à renouveler ponctuellement l’expérience. « S’il faut engager une société de surveillance privée, on le fera aussi, affirme Gérard Chomont. Je le regrette, mais si la police n’est plus en mesure de nous aider, on se protégera nous-mêmes. »

Un dĂ©tective privĂ© hantĂ© par l’affaire “Affaire RADDAD”

 

Il affirme agir au nom de la parole donnée en 1993 au père d’Omar Raddad : « Je prouverai un jour l’innocence de votre fils. » A l’époque, Bernard Naranjo, détective à Saint-Tropez, enquêtait pour le compte d’un avocat du jardinier mandaté par le prince Moulay Hassan, membre de la famille royale marocaine.

« J’ai décidé de travailler en free lance et gracieusement sur ce dossier parce que j’étais lassé que mon travail ne soit pas exploité par les avocats qui m’embauchaient », explique le privé, âgé aujourd’hui de 64 ans.
Un autre agent de recherches, Roger-Marc Moreau, entré dans le dossier en 1995, travaille toujours pour l’actuel défenseur d’Omar Raddad, Me Noachovitch. Les deux détectives partagent la même conviction de l’innocence du jardinier, mais ne défendent pas les mêmes hypothèses et s’ignorent. « Benard Naranjo est un enquêteur de terrain qui conduit un travail de fond », avance Me Bertagna, son avocat, qui rappelle que son client a œuvré sur la plupart des grandes affaires criminelles du sud-est de la France (entre autres le dossier Turquin, du nom de ce vétérinaire niçois condamné pour l’assassinat de son fils ; ou la mort de Barbara Coll, égérie des nuits de Saint-Tropez). « Pour dénicher cette piste du sosie, il m’a fallu des heures et des heures de porte-à-porte », revendique Naranjo.

Reste que cette nouvelle piste n’est pas la première depuis la condamnation de Raddad. Ainsi, en 1995, lorsqu’un un ex-prisonnier marocain avait affirmé qu’un de ses codétenus, un certain F.B., lui avait avoué le meurtre de Ghislaine Marchal. Ou encore en 2002, lorsqu’un témoin avait soutenu que la riche héritière, soi-disant membre de l’Ordre du temple solaire, aurait été assassinée par trois adeptes de cette secte.

Source le Parisien

Le dĂ©tective PrivĂ© Elie Cohen Questions & rĂ©ponses sur ce mĂ©tier d’investigation

 

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